Hockey - LNA: Les Dragons n'ont soufflé que le froid
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Hockey - LNALes Dragons n'ont soufflé que le froid

Fribourg a eu tout le loisir de constater le monde qui séparait une équipe en pleine carburation d'une autre larvée par le doute.

par
Marc Fragnière
A limage de John Fritsche planté devant Marco Bührer, les Fribourgeois semblent désemparés.

A limage de John Fritsche planté devant Marco Bührer, les Fribourgeois semblent désemparés.

En mode élève modèle, Berne a bouclé son dernier déplacement de la saison par un succès 4-0. Le 18e lors de ses 21 dernières rencontres en LNA. Rapides, techniques, rodés et incisifs, les hommes de Guy Boucher n'ont guère souffert de l'absence de leur défenseur expérimenté Beat Gerber. Ils ont au contraire rapidement gâché la fête fribourgeoise. Après 1'17'' déjà, les Ours avaient montré leurs belles dents. Alors que la patinoire de Saint-Léonard affichait complet pour la première fois de la saison, le public local a vite vu son enthousiasme douché par l'appétit gargantuesque du plantigrade de la capitale.

La bâche déployée par le kop local – «Malgré les soucis, la peine et la douleur, toujours présent» – s'est fait l'écho de la résignation des habitués des lieux. Aux accents prémonitoires, elle a d'entrée de jeu servi de linceul aux ambitions de la moribonde troupe de Gerd Zenhäusern. Timorés, les joueurs fribourgeois n'ont jamais donné l'impression de pouvoir ébranler la confiance des visiteurs. Porteur des espoirs les plus fous, même le retour au jeu du capitaine Benjamin Plüss n'a pas eu d'impact.

Les scènes de but se sont révélées lundi soir comme autant de preuves tangibles de l'apathie du Dragon. Comment expliquer qu'aucun Fribourgeois ne se soit interposé sur l'engagement gagné par Simon Moser sur le 0-1? Pourquoi Helbling a-t-il préféré jouer les gros bras contre Scherwey plutôt que de regarder le jeu lors du 0-2? A quoi rêvait Benjamin Conz sur le 0-3? Comment les deux frères Berger ont-ils pu se retrouver seuls au 2e poteau lors du 0-4? Autant de questions que les stratèges de Gottéron auront le loisir de se poser d'ici à ce soir et le match à Zoug.

Ce qu'ils ont dit:

Gerd Zenhäusern, entraîneur de Fribourg: «Le sentiment qui prédomine? C'est la rage! C'est rageant de perdre 0-3 après 20 minutes. Je n'arrive pas à comprendre ce qu'il se passe. Comment peut-on se laisser aller de la sorte? C'est un mystère. On fait de belles choses à l'entraînement et là, en match, on cède à la panique, on gère mal le puck. Il va falloir corriger cela dès demain (ndlr: mardi).»

Michael Ngoy, défenseur de Fribourg: «On a réalisé l'une de nos pires prestations depuis l'arrivée de Gerd Zenhäusern. On n'a pas respecté notre plan de jeu. On leur a donné des goals faciles. Le pire dans tout cela, c'est que Berne n'était même pas incroyable ce soir, juste opportuniste. Pour notre part, nous n'étions ni bons offensivement, ni solides défensivement. Il faudra changer d'attitude. Si possible, demain déjà (ndlr: mardi). Il faut retrouver de l'enthousiasme, s'affermir.»

Michael Loichat, ailier de Berne: «On joue notre jeu sans se préoccuper de notre adversaire. C'est cela notre force. On se focalise sur nous-mêmes même si on analyse soigneusement nos rivaux à la vidéo. Comment expliquer notre excellente passe (ndlr: 18 succès lors des 21 derniers matches de LNA)? Par le travail. Le boulot considérable abattu cet été porte ses fruits malgré les nombreux blessés que nous déplorons en défense et l'abondance de joueurs dont nous disposons en attaque. Ce soir (ndlr: lundi), j'ai été aligné avec les deux frères Berger pour la première fois. On s'est plutôt bien trouvés.»

Twitter, @Marc_Fragniere

A sens unique

Après 1'17'' de jeu, Moser a gagné son engagement et servi Rüfenacht pour le 0-1. A la 16e, Martin Plüss a doublé la mise pour les Ours alors que Scherwey, balancé dans la cage par Helbling, avait creusé un trou béant. Moins dune minute plus tard, Moser a inscrit le 0-3 de loin. Kwiatkowski a vu son envoi rebondir deux fois sur la latte bernoise à la 24e, à 5 contre 4. Dans la foulée de cette action, une rupture de Furrer pour Holloway aurait pu valoir le 0-4 et la fin des illusions du Dragon. C'est Pascal Berger, esseulé au 2e poteau, qui s'est chargé de cette besogne à la 36e.

Saint-Léonard 6700 spectateurs (guichets fermés).

Arbitres Eichmann, Mollard.

Buts 2e Rüfenacht (Moser) 0-1. 16e M. Plüss (Scherwey, pénalité différée) 0-2. 17e Moser 0-3. 36e P. Berger (A. Berger, Loichat) 0-4.

Fribourg Conz; Helbling, Abplanalp; Ngoy, Kwiatkowski; Kamerzin, Schilt; Zangger, Huguenin; Mauldin, Pouliot, Tambellini; Sprunger, Dubé, B. Plüss; Fritsche, Hasani, Vauclair; Kuonen, Brügger, Mottet.

Berne Bührer; Furrer, Blum; Randegger, Gragnani; Kreis, Grossniklaus; Müller, Dufner; Bertschy, M. Plüss, Scherwey; Holloway, Ritchie, Joensuu; Moser, Gardner, Rüfenacht; A. Berger, P. Berger, Loichat.

Pénalités 2x2 + 10 (Helbling) contre Fribourg. 4x2 contre Berne.

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