Actualisé 18.03.2011 à 16:37

Droits de l'homme - ItalieLes écoles pourront garder leurs crucifix

Un arrêt de la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) permet aux écoles publiques de la péninsule de conserver les crucifix dans les classes.

de
reuters

La présence de crucifix dans les salles de classe en Italie n'est pas contraire aux droits fondamentaux, a estimé vendredi la Cour européenne des droits de l'homme. Cet arrêt, qui est définitif, infirme un jugement de première instance rendu en novembre 2009.

La grande chambre de la CEDH a estimé que les autorités italiennes avaient «agi dans les limites de la latitude dont dispose l'Italie dans le cadre de son obligation de respecter le droit des parents d'assurer cette instruction conformément à leurs convictions religieuses et philosophiques».

L'Italie s'est félicitée de la décision de la CEDH. Le ministre transalpin des affaires étrangères Franco Frattini a salué un verdict qui rend justice aux «citoyens défendant leurs propres valeurs et leur propre identité». Le Vatican a également exprimé sa satisfaction, rappelant que la croix est «un des plus grands symboles» de la civilisation occidentale.

Symbole de l'identité italienne

La Cour avait été saisie en 2006 par une Italienne d'origine finlandaise qui contestait la présence de croix dans l'école qu'avaient fréquentée ses enfants à Abano Terme (nord). Elle avait estimé en première instance instance que la présence de crucifix constituait une atteinte à la liberté de conscience et au droit de chacun à recevoir une instruction conforme à ses convictions.

Les protestations suscitée par cette décision étaient allées bien au-delà des milieux catholiques, la croix étant perçue par de nombreux Italiens comme un symbole de leur identité.

En Suisse aussi

La question de l'opportunité des crucifix dans les lieux publics a également été soulevée ces derniers mois en Suisse. Le parlement valaisan a refusé mercredi d'imposer les crucifix dans les salles de classe. L'UDC avait lancé un postulat en ce sens suite à la polémique provoquée par le licenciement en octobre d'un enseignant de Stalden (VS), qui avait décroché un crucifix.

A Lucerne, les défenseurs du crucifix dans les écoles et les bâtiments publics ont déposé en décembre dernier une pétition munie de près de 12'000 signatures.

Le Tribunal fédéral a aussi eu à traiter des crucifix. En 1990, il a interdit les crucifix dans les écoles publiques en raison de la neutralité confessionnelle de l'enseignement public. Cinq ans plus tard, il a en revanche débouté un avocat qui dénonçait la présence de crucifix et de croix dans les tribunaux fribourgeois. (reuters/ats/afp)

L'Italie se réjouit de la décision de la CEDH

L'Italie a accueilli «avec une grande satisfaction» la décision de la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) d'autoriser la présence de crucifix dans les classes des écoles publiques italiennes, par la voix de son ministre des Affaires étrangères.

«Aujourd'hui c'est le sentiment populaire de l'Europe qui a vaincu, parce que la décision (de la CEDH) se fait l'interprète avant tout de la voix des citoyens qui défendent leurs propres valeurs et leur propre identité», s'est réjoui M. Frattini dans un communiqué.

Le ministre a également exprimé le souhait qu'après cette décision «l'Europe affronte avec le même courage le thème de la tolérance et de la liberté religieuse».

La CEDH a estimé vendredi que la présence d'un crucifix dans les classes des écoles publiques italiennes ne violait pas le droit à l'instruction, infirmant une décision de première instance condamnant l'Italie.

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