Suisse romande – Les écoles s’inquiètent du phénomène «Squid Game»
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Suisse romandeLes écoles s’inquiètent du phénomène «Squid Game»

Le succès de cette série ultraviolente déborde sur les plus jeunes. Les mises en garde à l’adresse des parents, pour protéger leurs enfants de ces images, commencent à sortir.

par
Jacqueline Favez / jeg / dra
La série coréenne ultraviolente fait un carton sur Netflix.

La série coréenne ultraviolente fait un carton sur Netflix.

Netflix

Il aura fallu 17 jours à «Squid Game» pour devenir le plus gros succès de Netflix, qui vient d’annoncer que la série avait atteint 111 millions d’utilisateurs, battant ainsi son précédent record du meilleur démarrage détenu par «Bridgerton» (82 millions de comptes en 28 jours). Et il en aura fallu à peine plus pour qu’on s’inquiète de l’influence de cette série coréenne ultraviolente sur les jeunes. Mercredi, sur Facebook, la police cantonale vaudoise a rappelé aux parents qu’elle était interdite aux moins de 16 ans, indiquant que des élèves avaient reproduit des scènes de «Squid Game» à la récréation. Si jouer à «1,2,3, soleil» comme dans la série n’a évidemment rien de problématique, mimer la mise à mort sanglante des perdants, puisque c’est de cela qu’il s’agit dans la fiction, l’est beaucoup plus.

Des courriers de prévention

Contacté, le porte-parole du Département de la formation, de la jeunesse et de la culture vaudois précise qu’aucun cas de violence physique n’a été recensé, comme cela a été le cas en Belgique. «Nous ne sommes pas inquiets par rapport à ça, précise Julien Schekter. Mais nous le sommes par rapport au fait que des jeunes puissent avoir accès à ces images en dehors de l’école.» Ainsi, le problème a été rapidement pris en compte et une lettre type de prévention a été rédigée. Elle a été mise à disposition de tout le corps enseignant qui peut l’utiliser en cas de besoin pour alerter les parents sur la nécessité de protéger leurs enfants des images violentes auxquelles ils pourraient avoir accès.

La situation est la même à Genève: aucun cas en lien avec «Squid Game» impliquant des jeunes n’a été signalé, mais la police cantonale dit rester attentive. Le Département de l’instruction publique ne recense pas non plus de situations en rapport avec la série coréenne. Mais face notamment à l’inquiétude formulée par certains parents, le groupe Climat scolaire, qui s’occupe entre autre de la prévention de jeux dangereux, est en train d’établir une fiche spécifique sur le phénomène.

Pas que sur Netflix

Reste que, si la meilleure chose à faire consiste à empêcher les moins de 16 ans de regarder les films et séries qui leur sont effectivement interdits, mettre des garde-fous sur son compte Netflix risque de ne pas suffire concernant «Squid Game», dont le succès fulgurant étonne même son réalisateur (lire encadré ci-dessous). Car la série et ses codes sont en train d’inonder bien des apps et sites, totalement accessibles aux plus jeunes, comme TikTok ou les jeux vidéo. Ainsi, on trouve par exemple une version «Squid Game – 1,2,3, soleil», certes édulcorée, sur Roblox. Une plateforme de jeux vidéo accessible dès l’âge de… 7 ans déjà.

La même histoire retoquée il y a dix ans

Lancée le 17 septembre, la série «Squid Game» a immédiatement conquis les spectateurs du monde entier. «Je pense que les gens sont attirés par l’ironie de voir des adultes désespérés risquer leur vie en tentant de gagner un jeu pour enfants», a expliqué Hwang Dong-hyuk, le scénariste réalisateur, à l’agence de presse sud-coréenne Yonhap. Mais l’ampleur et la fulgurance du succès de sa série continuent à le surprendre. D’autant que, il y a une dizaine d’années, il voulait en faire un long-métrage, mais le scénario avait été retoqué par les studios de production, notamment à cause de la violence de l’histoire.


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