«Alpes vaudoises 2020»: Les écologistes montent au front

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«Alpes vaudoises 2020»Les écologistes montent au front

Pro Natura et le WWF Vaud estiment qu'il faut repenser le tourisme dans les Alpes vaudoises.

Les association écologistes Pro Natura et WWF rejettent une bonne partie des mesures proposées par la région dans le rapport «Alpes vaudoises 2020». La position du Conseil d'Etat est attendue très prochainement.

«Le gros enjeu est la réorientation de l'offre touristique», a expliqué jeudi devant la presse Michel Bongard, secrétaire de Pro Natura . Il y a «urgence»; or, on préfère «une fuite en avant vers des équipements importants et coûteux en énergie».

La CITAV, Communauté d'intérêt touristique des Alpes vaudoises, a rendu un rapport en juillet 2013 qui présente sa vision du développement de la région. Dans cette stratégie, elle énumère des projets pour quelque 600 millions d'investissements. Saisi du dossier, le canton avait demandé de mieux les prioriser.

Critiques

Les associations écologistes ont fait part jeudi de leur réaction très critique. Elles s'opposent notamment à la création de nouvelles installations de remontées mécaniques dans des zones aujourd'hui préservées, notamment sur les crêtes.

La liaison directe entre Glacier 3000 et les Diablerets est jugée «absurde», car elle survolerait un paysage protégé par l'inventaire fédéral du paysage (IFP). Au vu des réactions, ce projet a été retiré du dossier, «même si nous pensons que c'est une bonne idée», a expliqué à l'ats Jean-Marc Udriot, président de la CITAV.

Près de Château-d'Oex, il est prévu de relancer le télésiège des Monts-Chevreuils grâce à de l'enneigement artificiel. «Nous y sommes fermement opposés. Cette montagne est une éponge, elle abrite de nombreux marais», a relevé le secrétaire de Pro Natura.

Les associations rejettent plusieurs mesures du rapport, comme les bains thermaux aux Diablerets, les animations estivales à la Videmanette (Rougemont) ou encore le hub qui pourrait réunir à terme trains, bus et remontées mécaniques aux Diablerets.

Autres opportunités

«Ces oppositions ne signifient pas que nous souhaitons le dépeuplement des Alpes vaudoises», a précisé Lucie Dupertuis, secrétaire du WWF Vaud. «Nous pensons qu'il existe d'autres opportunités pour cette région. Et que la protection de la nature est la condition sine qua non du développement d'un tourisme réussi.»

Les associations ne sont pas opposées à l'amélioration des équipements existants, mais il faut arrêter de miser tout sur le ski et tenir compte du réchauffement climatique, disent-elles. Ces changements auront des incidences fortes dès 2035. La couverture neigeuse diminuera en dessous de 1400 mètres, disent-elles.

On sait qu'on doit diversifier

«Tout pour le ski, ce n'est pas ce qu'on propose dans le rapport», rétorque Jean-Marc Udriot, de la CITAV. Lorsqu'on veut investir dans les remontées mécaniques, on doit aussi s'inquiéter de l'hébergement et de la mobilité. «On sait qu'on doit diversifier et trouver des solutions», a-t-il ajouté.

Depuis l'été, un groupe de travail a planché sur le rapport et a remis sa copie au Conseil d'Etat avant Noël. Le gouvernement s'est engagé à prendre sa décision durant le mois de janvier, selon M. Udriot. Pro Natura et le WWF ont écrit fin décembre au Conseil d'Etat. Les associations espèrent être reçues pour faire valoir leurs arguments. (ats)

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