Suisse: Les effectifs des banques ont fondu en 2018
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SuisseLes effectifs des banques ont fondu en 2018

La réorganisation dans les banques est appelée à se poursuivre ces prochaines années, vu la compression des marges et la numérisation du secteur.

Les banques régionales et les caisses d'épargne, les banques étrangères et les banques privées ont marqué le coup en 2018.

Les banques régionales et les caisses d'épargne, les banques étrangères et les banques privées ont marqué le coup en 2018.

Keystone

Les effectifs des banques en Suisse ont reculé de 1,4% à 90'660 personnes (équivalents plein temps) l'an dernier, ce qui signale un contexte exigeant mais aussi le fait que les établissements dans l'ensemble «relèvent le défi», estime l'Association suisse des banquiers (ASB). Les 248 banques recensées ont accumulé un bénéfice consolidé de 11,5 milliards de francs.

Il s'agit d'une hausse de 17,3% par rapport à 2017, selon le baromètre dédié à la branche publié jeudi par l'organisation faîtière. Les établissements en Suisse «évoluent dans un environnement économique exigeant, marqué par les incertitudes politiques, les restrictions à l'accès au marché et la mutation rapide des structures», précise le communiqué.

La réorganisation est appelée à se poursuivre ces prochaines années, vu la compression des marges et la numérisation du secteur. Etant donné le contexte, «les banques ont affiché un très solide développement en 2018», estime l'ASB. «Elles ont montré leur efficacité, et les effectifs en Suisse n'ont que faiblement régressé.» Environ trois banques sur cinq tablent sur une stabilité de l'emploi au second semestre 2019.

Cinq banques en moins

Le nombre de banques a reculé de cinq unités à 248 l'an dernier. Cette baisse concerne les banques régionales et les caisses d'épargne, les banques étrangères et les banques privées. Si le bénéfice annuel consolidé s'est enrobé de 1,7 milliard de francs ( 17,3%), le total des bilans a diminué de 0,8%, à 3225 milliards. Les actifs sous gestion ont baissé de 4,8% à 6943 milliards, en raison «principalement de l'évolution des marchés des actions». Les crédits hypothécaires nationaux ont crû de 3,6%.

Le baromètre indique par ailleurs que la Suisse détient une part de marché de 26,6% dans la gestion de fortune transfrontalière pour clients privés. Elle conserve sa position de leader mondial.

De nombreux défis

Concernant le recul de 1,4% des employés en Suisse, l'ASB l'explique en partie par des transferts d'emplois vers des entités «intragroupe» non prises en compte dans les statistiques bancaires. Cette évolution «faiblement baissière» des effectifs s'est poursuivie au premier semestre 2019.

La gestion de fortune (Wealth Management) croît moins fortement en Suisse que sur d'autres places financières concurrentes, reconnaît l'ASB. Le pays affiche cependant une croissance nette des actifs sous gestion au cours des dernières années, malgré la réglementation accrue, précise l'association.

En 2018, les actifs privés sous gestion dans les banques en Suisse s'élevaient à 3700 milliards de francs, dont 2300 milliards provenaient des activités transfrontalières ( 300 milliards sur les cinq dernières années pour ces dernières activités).

Face aux nombreux défis, commerciaux notamment mais aussi taux bas et pression sur les marges, l'ASB réclame des conditions-cadre fiables pour pouvoir s'imposer dans de nouveaux domaines d'activités. «Les banques n'ont d'autre choix que de se focaliser sur les domaines à forte croissance, comme la finance durable», relève Martin Hess, économiste en chef à l'ASB.

La numérisation, la concurrence de la fintech et des entreprises liées à la blockchain soulignent la nécessité d'innover mais offrent aussi des perspectives de coopération avec les nouveaux acteurs. «Les actifs numériques, le cloud et l'intelligence artificielle sont dans le radar des banques», assure l'ASB.

Masse salariale en baisse

La baisse de 1,4% du nombre d'employés (à 90'660 en équivalent plein temps/EPT) dans les banques en Suisse en 2018 annoncée jeudi par l'organisation faîtière du secteur correspond à une diminution de 1240 postes. Les charges salariales des 248 établissements recensés ont baissé dans le même temps de 1,1 milliard de francs (-7%), un taux supérieur à la moyenne.

L'analyse détaillée du rapport de l'Association suisse des banquiers (ASB), comparée aux précédents chiffres, fait apparaître que l'emploi dans les banques en Suisse a reculé de près de 20% en une dizaine d'années. En 2008, au début de la crise financière, les banques sur sol helvétique (suisses et étrangères) occupaient plus de 110'000 personnes (EPT).

En 2012, ce chiffre était tombé autour de 105'000, puis pour la première fois sous 100'000 en 2017 (93'554). La chute de 7,7% entre 2016 et 2017 était due principalement à la délocalisation par une grande banque de ses services centraux hors du siège, vers des sociétés sans licence bancaire et donc n'entrant pas dans les statistiques de la BNS.

Cette tendance à l'externalisation est un des facteurs, depuis quelques années, de la diminution des effectifs. Dans l'informatique ou les ressources humaines par exemple, de plus en plus d'établissements tendent à recourir à des prestataires «hors banques».

Mais ce n'est pas le seul élément. Les grandes banques cherchent à réduire leurs coûts, et les plus petites - notamment du côté des banques privées - sont engagées dans un processus de consolidation qui n'est pas terminé. Cependant, une stabilisation est en vue, estime l'ASB. Six banques sur dix interrogées par l'organisation estiment que leurs effectifs resteront stables ces six prochains mois.

Au-delà, il n'existe pas de projections. Le rapport de jeudi ne précise pas non plus la répartition des emplois entre les régions du pays.

L'ASB observe par ailleurs que les employés de banques inscrits au chômage (selon les normes du Seco) atteignait en moyenne un taux de 2,3% en décembre 2018, en baisse sensible et inférieur à la moyenne de l'économie suisse (2,7%). Sur l'ensemble de l'année, 3418 personnes du secteur bancaire ont été en moyenne en recherche d'emploi en Suisse (-581 sur un an). (nxp/ats)

(NewsXpress)

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