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AfriqueLe Mali vote avec un dispositif anti-Covid-19

Le deuxième tour des élections législatives s'est déroulé ce dimanche, sous la menace du coronavirus et des violences djihadistes.

Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta glisse son enveloppe dans l'urne.

Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta glisse son enveloppe dans l'urne.

AFP

Rapt d'un président d'un bureau de vote, fuite de responsables électoraux, menaces contre les électeurs: les législatives au Mali, maintenues malgré le Covid-19 et les violences djihadistes, ont été perturbées dimanche par des incidents dans le centre du pays.

Le vote, prévu de 08h00 à 18h00 (10h00 à 20h00 en Suisse), a démarré à l'heure dans plusieurs centres à Bamako, selon des journalistes de l'AFP. Les premiers résultats provisoires sont attendus en début de semaine.

Le scrutin a toutefois été assombri par des incidents, à Ouro-Mody (région de Mopti, centre) où le président d'un bureau de vote a été enlevé. Les autres membres et des représentants de la commission électorale ont été «chassés par des hommes armés», ont affirmé un représentant local de la commission électorale et des sources militaires.

Menaces djihadistes

Dans les communes de Sosobé et Togorougoumbé (centre), le vote n'a pas eu lieu à cause des djihadistes qui ont menacé de s'en prendre aux électeurs, ont affirmé des témoins.

C'est dans la même zone du centre que le chef de file de l'opposition Soumaïla Cissé avait été kidnappé le 25 mars alors qu'il était en campagne. Tous les soupçons pèsent sur le groupe djihadiste du prédicateur Amadou Koufa, rallié à Al-Qaïda, et des négociations sont menées pour sa libération, selon son parti.

Dans le nord du pays, du matériel électoral a été «saccagé par des inconnus» samedi à Gossi, au sud de Gao, a affirmé à l'AFP un élu local.

Parlement contesté

La majorité de la classe politique a soutenu le maintien de ce scrutin plusieurs fois reporté. «En démocratie, rien ne vaut la pleine légalité constitutionnelle ainsi que le jeu normal des institutions», a déclaré récemment le président Ibrahim Boubacar Keïta dans un message à la nation, masque protecteur sur le visage.

Le scrutin doit permettre de renouveler un parlement élu en 2013 et dont le mandat devait s'achever en 2018 et faire avancer l'application de l'accord de paix d'Alger. Celui-ci, signé en 2015 entre Bamako et les groupes armés indépendantistes, prévoit plus de décentralisation via une réforme constitutionnelle qui doit passer par l'Assemblée. Or la légitimité du parlement sortant est contestée.

Mais comment motiver des Maliens qui remettent en cause la capacité de leurs dirigeants à sortir le pays de la guerre et de la pauvreté?

D'abord concentrée dans le Nord en proie à des rébellions indépendantistes, la crise sécuritaire a dégénéré avec l'arrivée de groupes djihadistes dans le pays à partir de 2012.

Violences quotidiennes

La violence frappe quotidiennement le centre et le nord du Mali et les voisins burkinabè et nigérien. Les attaques contre les soldats et les civils alternent avec les explosions de mines artisanales, les morts se comptent par milliers et les déplacés par centaines de milliers. Vingt-cinq militaires, selon le gouvernement, ont été tués entre les deux tours dans une opération revendiquée par un groupe affilié à Al-Qaïda.

Le premier tour du 29 mars a été marqué par des enlèvements de présidents de bureau, le vol et la destruction d'urnes. Dans les zones rurales de Tombouctou, les djihadistes ont conduit de nombreux raids d'intimidation à moto.

Un millier de bureaux environ, sur plus de 22'000, n'ont pas ouvert, a admis le ministre de l'Administration territoriale, Boubacar Alpha Bah, à la télévision publique.

Dans certaines régions du nord, le large taux de participation (plus de 85% à Kidal pour une moyenne nationale de 35,6%, avec des députés élus avec 91% ou 97% des suffrages) laisse envisager «une possibilité de fraude», dit un diplomate sahélien.

Dans la capitale, la participation au premier tour a été de 12,9%. Ces faibles taux de participation sont dans la norme malienne, rappelle M. Sangho. Sur les 147 sièges de députés, 22 ont été pourvus au premier tour. Parmi eux figure Soumaïla Cissé. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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