Actualisé 04.04.2008 à 11:02

Les éléphants du Laos menacent de diparaître

Le Laos, pays du million d'élephants, craint de perdre ses derniers pachydermes. Plusieurs ONG se battent pour repousser le spectre de la disparition de l'espèce.

Jadis célèbre pour ses troupeaux d'éléphants, le Laos qui était surnommé «Prathet Lane Xane» (Pays du million d'éléphants) ne compterait plus que 700 animaux sauvages.

«Beaucoup de gens en Asie disent que les éléphants font partie de leur patrimoine national», observe Connie Speight, une militante américaine qui a voyagé à dos d'éléphant à travers la jungle et a «adopté» neuf pachydermes. «Mais je leur réponds: 'c'était votre patrimoine et que faites-vous pour le protéger? Souvent très peu». Agée de 83 ans, cette enseignante à la retraite est revenue au Laos pour tenter de sauver les derniers individus.

La condition des éléphants au Laos apparaît meilleure que dans la plupart des douze autres pays où vit l'animal: ils bénéficient de forêts vastes et une population humaine clairsemée. Mais comme ailleurs, c'est une course contre la montre. Les éléphants sont menacés par les braconniers, les constructeurs de barrages, les bûcherons et les paysans.

«La situation va devenir franchement dramatique dans une dizaine d'années si rien ne change», prévient Sébastien Duffillot, co-fondateur de l'ONG française ElefantAsia. A ce rythme de déclin, les éléphants laotiens sauvages pourraient avoir disparu dans 50 ans, a-t-il ajouté.

Les éléphants domestiqués seraient environ 570, soit une baisse de 20% au cours de la dernière décennie.

Au total, le Fonds mondial pour la nature (WWF) estime qu'il reste 25.000 éléphants sauvages en Asie et 15.000 domestiqués. Il y a un siècle, la Thaïlande à elle seule en comptait plus de 100.000.

Connie Speight a assisté récemment à un festival de l'éléphant organisé par l'ONG de Sébastien Duffillot visant à «rendre hommage à cet animal emblématique du Laos». Lors de cet événement de trois jours, une soixantaine d'éléphants ont démontré leurs talents, en transportant du bois, en participant à des cérémonies bouddhistes et des processions.

A leur âge d'or, les éléphants faisaient office de camion, de taxi et de char d'assaut. Le Laos, aujourd'hui communiste, était un royaume qui avait réussi à conserver son indépendance en offrant des éléphants à la Chine et au Vietnam.

Les organisateurs ont émis le souhait que ce festival annuel, qui a eu lieu la première fois en 2007, parviennen à convaincre les propriétaires d'éléphants d'utiliser leur animal pour l'industrie touristique plutôt que pour l'exploitation du bois.

De nombreux jeunes de Paklay, une ville située sur le Mékong, ont touché pour la première fois la trompe d'un éléphant pendant ce festival, en leur offrant des fruits ou de la nourriture.

Connie Speight espère que d'autres éléphants pourront comme Mae Dok, un des neuf éléphants qu'elle parraine, voyager à travers la campagne comme «ambassadeur», apportant ainsi des livres aux enfants scolarisés.

Après avoir travaillé toute sa vie à l'exploitation du bois, Mae Dok, «Mme Fleur», a repris une vie de pachyderme et serait enceinte, ce qui ravit Connie Speight, étant donné le nombre déclinant de femelles en âge de procréer. ElefantAsia avance que dans 15 ans, il ne restera plus que 46 femelles domestiquées de moins de 20 ans. (ap)

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