Genève: Les élèves les plus fragiles privés de cours de sport
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GenèveLes élèves les plus fragiles privés de cours de sport

Les enfants scolarisés en spécialisé n'ont pas tous leur quota d'éducation physique. Des professionnels tentent de faire bouger les choses.

par
Marine Guillain
L'office médico-pédagogique souhaiterait que les cours de gymnastique se démocratisent.

L'office médico-pédagogique souhaiterait que les cours de gymnastique se démocratisent.

Keystone/Andree-noelle pot

Le règlement est simple. Tous les élèves ont un nombre d'heures de cours de sport minimum à suivre. Chez les 8 à 12 ans, c'est trois périodes: deux données par un maître spécialiste et une par le titulaire de classe. Sauf que les professeurs spécialistes et les salles de sport sont surchargés. Et certains enfants scolarisés dans le spécialisé (lire encadré) sont privés d'heures de gym, car celles-ci sont d'abord distribuées aux élèves de l'ordinaire. Les petits qui se trouvent loin des infrastructures sont les plus touchés.

«Les enfants de l'enseignement spécialisé représentent 2,7% de l'ensemble des élèves et l'accès au sport est plus compliqué à organiser pour eux», explique Jean-Luc Boesiger, de l'Office médico-pédagogique (OMP). Avec son collègue Cedric Baillif, responsable de l'éducation physique, il se bat pour que les choses changent: «En s'organisant, on peut trouver des créneaux de libres». Ils ont fait remonter le problème au département de l'instruction publique, qui essaie de trouver des solutions en fonction des lieux géographiques et des besoins de chacun.

Objectif pour la rentrée 2017: au moins deux heures de sport pour chaque enfant. «Nous voulons que tous les élèves du spécialisé puissent bénéficier des heures d'éducation physique auxquelles ils ont droit et qu'ils soient pris en compte comme les autres élèves», conclut Jean-Luc Boesiger.

"Leçons valorisantes"

Environ 900 élèves du cycle moyen (7-13 ans) scolarisés dans le spécialisé ont un accès au sport parfois limité. «C'est l'âge le plus pertinent pour renforcer cet enseignement», note Jean-Luc Boesiger. Pour des jeunes qui ont des troubles du comportement, de l'apprentissage ou une déficience intellectuelle, «l'éducation physique est un cours valorisant, car il demande des compétences autres que scolaires, comme par exemple l'esprit d'équipe», insiste-t-il.

Encadrement personnalisé

Chapeauté par l'Office médico-pédagogique, l'enseignement spécialisé s'adresse aux enfants et ados de 4 à 20 ans qui ne peuvent bénéficier des structures scolaires ordinaires. Il offre un encadrement personnalisé et adapté aux besoins des élèves présentant des handicaps et/ou avec des difficultés importantes d'apprentissage et du développement. Dans le canton de Genève, ce secteur réunit 49 structures ainsi que 21 regroupements de classes spécialisées.

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