03.03.2020 à 20:41

«En avant»

Les elfes réveillent la magie qui dort en nous

«En avant», 22e film des studios Pixar, aborde le thème
du deuil à l'aune d'un optimisme salvateur.

de
Catherine Magnin

Et si, obnubilés par les progrès de la modernité, les licornes, cyclopes, fées et autres elfes avaient oublié leurs pouvoirs surnaturels? Tel est le contexte qui sert de décor aux aventures de Ian, elfe qui reçoit pour ses 16 ans un bâton magique. Abracadabra! L'ado réussit à faire apparaître… la moitié de son défunt père! Manquant de pouvoir, le sortilège ne reconstitue l'absent que des pieds à la ceinture! Alors, avec en laisse le pantalon paternel désarticulé (il ne voit pas où il met les pieds!), Ian s'en va quérir la pierre qui lui permettra de parachever le miracle et d'enfin parler à son papa. Il n'aura pas trop de l'aide de son grand frère Barley, le balourd à l'optimisme forcené, passionné par les légendes de fées, de licornes, de cyclopes et d'elfes.

Un grand Pixar, «En avant»? Non. Parce que les studios nous avaient habitués à des sauts qualitatifs autrement plus puissants («Toy Story», «WALL-E», «Là-haut»). Que le thème de la mort a été autrement mieux traité dans «Coco». Que le réalisateur Dan Scanlon, qui signa le préquel de «Monstres & Cie», n'est pas un génie. Et que Disney, propriétaire de Pixar, mise plutôt sur la sortie de son adaptation de «Mulan», le 25 mars.

«En avant» est-il pour autant un mauvais film d'animation? Non! Car s'il plie sous le poids d'un message attendu, qui vante les vertus de la famille et de la confiance en soi, ce récit d'initiation alerte et malicieux ne cède nullement à la facilité. Et il réussit le plus difficile: restituer la magie de l'émotion.

«En avant»

De Dan Scanlon. Sortie mercredi 4 mars 2020. ****

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