LAUSANNE: Les élus veulent améliorer les moyens pour éviter les actes désespérés
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LAUSANNELes élus veulent améliorer les moyens pour éviter les actes désespérés

Deux résolutions ont été votées à la quasi-unanimité mardi soir au Conseil communal. Elles demandent à l’Éxécutif de la ville d’étudier toutes les possibilités pour empêcher les suicides notamment depuis des ponts.

par
Frédéric Nejad Toulami
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Depuis mars 2020, des affichettes de prévention ont été posées aux extrémités du Pont Bessières, le plus haut de la ville.

Depuis mars 2020, des affichettes de prévention ont été posées aux extrémités du Pont Bessières, le plus haut de la ville.

FNT
Depuis mars 2020, des affichettes de prévention ont été posées aux extrémités du pont Bessières, le plus haut de la ville.

Depuis mars 2020, des affichettes de prévention ont été posées aux extrémités du pont Bessières, le plus haut de la ville.

FNT

Mardi soir, l’élu communal de droite Nicola Di Giulio a interpellé les autorités lausannoises sur les moyens qu’elles se donnent pour améliorer les systèmes anti-suicide sous ses ponts. Policier de profession, il demandait que la Ville installe des filets sous ces édifices historiques, comme c’est par exemple déjà le cas à Berne, ainsi qu’au pont de Zähringen à Fribourg. Municipale responsable à la fois du patrimoine et des finances de la capitale vaudoise, Florence Germond l’a assuré de la préoccupation des autorités lausannoises face à cette problématique. Mais la socialiste a aussi attiré l’attention sur les particularités topographiques de la ville et ses limites budgétaires. Or le projet d’installer des filets anti-suicide sous les trois ponts historiques est estimé à 2 millions de francs. Alors que leur efficacité par rapport au rehaussement des barrières ne serait pas prouvée. Et de rappeler que le fait d’avoir relevé, en 2003, la hauteur des garde-corps du pont Bessières, avec une forme courbée vers l’intérieur, avait permis de fortement diminuer les actes désespérés depuis cet édifice.

Ne pas se contenter de déplacer le problème hors du centre-ville

De plus, il existe aussi des contraintes avec le canton de Vaud en raison du classement de ces œuvres. Il y a environ 15 ans, ce débat de pose de filets avait déjà été abordé au Conseil communal avant que la Section cantonale des Monuments historiques fasse connaître son refus d’un tel projet. Nicola Di Giulio a dit regretter que la Ville se «prive de moyens pour sauver des vies» en raison de «son gouffre financier». Il a évoqué la vidéosurveillance ou un concours d’idées avec l’EPFL, par exemple, puis il a demandé que la Ville réévalue sa position via une résolution (non contraignante) acceptée à une très large majorité. Membre d’Ensemble à Gauche, Pierre Conscience a souligné qu’il ne fallait pas donner limpression de juste vouloir déplacer le problème des actes désespérés loin du centre-ville.

Tant le PLR que l’UDC et le PS ont attiré l’attention sur le choc pour des passants témoins de telles scènes dans la rue. Le socialiste Louis Dana a rappelé aussi le danger, selon des études, de parler publiquement du suicide pour des personnes fragiles. Il a ensuite proposé une résolution demandant à la Municipalité de prendre des dispositions susceptibles d’empêcher des actes désespérés depuis un lieu situé sur domaine public. Texte adopté également à une quasi-unanimité. Florence Germond a signalé que depuis mars dernier, des affichettes avec un numéro d’aide et d’écoute étaient posées aux extrémités du pont Bessières dans un but de prévention.

Envies suicidaires? Faites-vous aider!

Selon Stopsuicide.ch, la problématique du suicide est un sujet complexe et multiple qui ne peut s'expliquer au travers d'une réponse unique. Cette association vise à briser le tabou qui englobe le suicide afin de réfléchir aux différents moyens permettant de mettre en oeuvre une aide concrète destinée aux jeunes en souffrance.D'autres structures comme La Main Tendue (composez le 143) et la Ligne d'aide pour jeunes (147) sont également disposées à aider.

Autre édifice historique classé au centre ville de Lausanne: le Grand Pont. Ses garde-corps peu élevés ont aussi souffert de divers accidents avec des voitures par le passé. Des barrières provisoires sont venues remplacer ou renforcer la structure et les trottoirs ont été relevés afin d’empêcher l’accès d’un véhicule. Ses barrières seront adaptées lors de travaux du Grand Pont dans le cadre des «axes forts» dès que le chantier du tram pourra débuter», a précisé la municipale Florence Germond.

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