Harcèlement sexuel - Les employées de Holy Cow étaient filmées dans les vestiaires
Publié

Harcèlement sexuelLes employées de Holy Cow étaient filmées dans les vestiaires

Une collaboratrice a découvert une caméra cachée dans une ventilation. Elle et ses collègues disent avoir été invitées au silence par la hiérarchie, et regrettent le traitement de la justice.

par
rmf
LAB

Alors qu’elle se changeait dans le vestiaire d’un restaurant lausannois de Holy Cow, une employée de la chaîne de restaurants de burgers a découvert une petite caméra dissimulée entre deux conduits de ventilation, révèle «24 heures». Elle était dirigée sur la zone où les collaboratrices se changent pour aller travailler. L’employée a averti son manager, qui lui aurait demandé de ne rien dire car il devait avertir la hiérarchie. Par la suite, tout semble avoir été fait pour faire enterrer l’affaire: la caméra, placée dans un tiroir non verrouillé, a disparu le soir-même, et une entreprise aurait été mandatée pour nettoyer la ventilation. «Ils ont effacé les seules empreintes qu’on aurait pu avoir», accuse une employée.

La collaboratrice a parlé de sa découverte à ses collègues, et cinq d’entre elles ont porté plainte. Elles disent avoir été découragées à le faire par le manager en question, rapporte le quotidien. L’entreprise a porté plainte, mais sans aucun suivi ensuite. Des pressions et représailles, comme des ajustements d’horaires, auraient cependant été dirigées vers celles qui ont ébruité l’affaire. Faute de carte mémoire dans la caméra, le Ministère public a, lui, estimé qu’aucune infraction n’avait été commise et a classé l’affaire, sans que les plaignantes n’en soient informées et ne puissent donc faire recours, indiquent-elles. Contacté par le journal, Holy Cow nie l’existence d’ajustement d’horaires indus, et regrette et condamne cet «acte isolé inadmissible». Interpellée pour des accusations de sexisme dans la gestion du personnel et dans le ton des propos de collègues masculins et des cadres, l’entreprise n’y a pas répondu directement mais a mandaté un cabinet d’avocats externe pour mener une enquête à ce sujet.

Holy Cow réagit dans un courrier interne

La direction de la chaîne a réagi après l’article de «24 heures» en envoyant un courrier interne auquel «20 minutes» a eu accès. Elle rappelle qu’elle a déposé plainte contre inconnu, mais que le propriétaire de la caméra n’a pas pu être identifié. Elle ajoute vouloir s’assurer que les employés se sentent bien protégés, et mentionne l’audit interne qui a été confié à un cabinet d’avocats pour étudier les accusations confiées à la presse ainsi que d’autres témoignages. Les voies de dénonciations en cas de harcèlement sont rappelées. Aucunes excuses ne sont offertes, mais des regrets concernant cet «incident» et l’assurance que «le groupe Holy Cow partage l’indignation des employées concernées».

Ton opinion