Caisse de pensions: Les employés CFF devront passer à la caisse
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Caisse de pensionsLes employés CFF devront passer à la caisse

Le conseil d'administration des CFF a approuvé le concept d'assainissement de la caisse de pension de l'ex-régie.

Les efforts sont répartis entre les CFF, la Confédération et le personnel. Les syndicats s'inquiètent pour les collaborateurs et les retraités.

Le concept d'assainissement doit permettre d'élever le niveau de couverture à au moins 100% dans les 10 ans, ont indiqué mercredi les CFF. L'ex-régie souligne que l'exercice exige de gros efforts de la part des collaborateurs, des retraités et des CFF.

Mais l'assainissement est urgent, car le taux de couverture se montait à 79,2% à fin 2008. Et les prescriptions légales ne permettent aucune autre solution. Le montant total nécessaire à l'assainissement s'élève à 3,69 milliards de francs. La part de la Confédération, qui doit être approuvée par le Parlement, se monte à 1,15 milliard.

La part des CFF correspond à 1,32 milliard, soit en gros 100 millions par an durant les dix prochaines années puis 25 millions par an pour les 15 années suivantes. Elle se répartit entre un versement unique de 938 millions et des contributions d'assainissement paritaires de 385 millions, que les employés versent aussi.

Efforts du personnel

Pour le personnel et les retraités, l'effort total atteint 1,22 milliard, dont les contributions d'assainissement paritaires de 385 millions - 2% du salaire entre le 1er janvier et le 30 juin 2010, puis 2,5% jusqu'à la couverture de 100%.

Les collaborateurs des CFF devront en outre renoncer à la rémunération des avoirs vieillesse en 2009, ce qui leur coûtera 165 millions. La rémunération sera ensuite fixée au taux LPP minimum, ce qui représente une perte de 670 millions.

Les rentiers devront eux renoncer à la compensation du renchérissement durant toute la période d'assainissement, ce qui est déjà le cas depuis 2004. Quant à l'âge de la retraite, il sera relevé de 63,5 à 65 ans le 1er juillet 2010.

Limites du supportable

Pour le personnel et les retraités, les mesures décidées «atteignent les limites du supportable», estime le Syndicat du personnel des transports (SEV). Les syndicats saluent toutefois l'effort des CFF.

Avec la contribution supplémentaire de l'ex-régie, la parité entre employeur et travailleurs est certainement réalisée, estime le syndicat transfair. «Les CFF ont réagi correctement. Mais les mesures d'assainissement sont malgré tout très douloureuses pour les assurés», selon transfair.

Elles sont «vraiment radicales et réduisent considérablement l'attractivité des CFF en tant qu'employeur», a renchéri Giorgio Tuti, président du SEV, cité dans un communiqué. Il rappelle que depuis 2004 déjà, les retraités ne reçoivent plus la compensation du renchérissement.

Pour les deux syndicats, la Confédération devrait participer à hauteur de 3,4 milliards de francs, et pas seulement 1,15 milliard. Mais le Conseil fédéral n'a pas voulu aller si loin, préférant couper la poire en deux.

Lacune de couverture

La lacune de couverture de la caisse de pensions des CFF résulte de deux causes, rappelle l'ex-régie. D'une part le financement insuffisant lors de la fondation de la caisse par la Confédération en 1999, et d'autre part la crise financière actuelle, dont souffrent aussi les autres caisses de pension.

Dans le concept d'assainissement, la part des collaborateurs et des CFF comblera les conséquences de la crise financière, alors que la contribution fédérale doit compenser la sous-couverture générée par le financement insuffisant de la caisse lors de sa création.

Dès 2003, la caisse avait déjà dû être assainie, rappellent les CFF, qui ont versé une contribution de 1,5 milliard de francs début 2007. Au même moment, les assurés ont passé sous le régime de primauté des cotisations. Leurs contributions ont ainsi augmenté tandis que les prestations ont diminué.

(ap)

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