Jeux vidéo - Les enfants auront plus difficilement accès aux achats intégrés
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Jeux vidéoLes enfants auront plus difficilement accès aux achats intégrés

Les microtransactions doivent être encadrées dans la loi, a estimé le Conseil national mercredi. Un (petit) pas dans la bonne direction, pour les spécialistes des addictions.

par
Yannick Weber
Il faut assurer un contrôle plus strict avant de laisser les petits acheter librement sur les plateformes, estiment une majorité des élus.

Il faut assurer un contrôle plus strict avant de laisser les petits acheter librement sur les plateformes, estiment une majorité des élus.

AFP

«La gratuité, tous les joueurs le savent, n’est qu’un leurre.» La conseillère nationale Stéfanie Prezioso (Ensemble à Gauche/GE) a soutenu mercredi une loi qui veut une meilleure protection des mineurs face aux films et aux jeux vidéo. L’un des enjeux des débats: les microtransactions, ces petits achats qui se multiplient pour avancer dans un jeu vidéo qui, au départ, est gratuit, ou pour obtenir des accessoires, par exemple. «C’est devenu le modèle dominant de financement des jeux», a rappelé l’élue.

Achats compulsifs

La réglementation proposée ne vise pas seulement à aider des parents à éviter de mauvaises surprises au moment de recevoir leur relevé de carte de crédit après avoir autorisé leurs petits à jouer, mais aussi à prévenir les addictions. En parlant des microtransactions, le Groupement romand d’études des addictions (GREA) parle de «modèle d’affaires qui favorise la compulsion des joueurs, au détriment de la créativité de domaine. À ce jeu-là, tous sont perdants, sauf bien entendu les actionnaires de quelques grosses cylindrées du marché.»

La gauche a soutenu la législation. La droite, elle, trouvait les propositions trop contraignantes. À la fin, c’est le Centre et les Vert’libéraux qui ont joué les arbitres et qui ont opté pour le soutien à la loi, qui veut imposer un contrôle parental plus strict, également pour visionner des films avec limite d’âge, ce qui concernera par exemple Netflix, Swisscom et d’autres fournisseurs.

Le secrétaire du GREA, Jean-Félix Savary, salue l’adoption de la loi, mais estime tout de même que «les mesures proposées sont bien trop timorées pour avoir un réel impact». À l’inverse, des prestataires tels que Swisscom s’étaient dits opposés à la loi dans la presse dominicale, jugeant que le contrôle restait principalement de la responsabilité des parents.

Reconnaître les addictions

Dans la foulée du vote sur la loi, le Conseil national a aussi accepté un postulat qui charge le Conseil fédéral d’intégrer les cyberdépendances dans le cadre de sa «stratégie nationale Addictions». «L’adoption du postulat nous semble plus déterminante et plus enthousiasmante. Il pointe le doigt sur un manque réel dans ce domaine. L’utilisation excessive des écrans constitue une préoccupation majeure dans la population», se réjouit Jean-Félix Savary. La loi passe désormais du côté du Conseil des États.

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