Actualisé 17.12.2017 à 16:52

Post-obligatoireLes enfants d'immigrés échouent davantage

A l'issue de la première année du post-obligatoire, les enfants d'immigrés échouent plus souvent que leurs homologues suisses.

Keystone

Les jeunes issus de l'immigration échouent plus souvent durant la première année d'apprentissage ou d'études post-obligatoire, selon une enquête des universités de Berne et Zurich. C'est le cas pour 13% d'entre eux, contre 1% seulement des adolescents suisses.

L'étude, dont les résultats ont été publiés par l'hebdomadaire alémanique SonntagsZeitung, comptabilise comme échec le fait de redoubler la première année ou de l'abandonner avant terme. Parmi les jeunes Suisses, 69% entament un apprentissage ou une formation directement après l'école obligatoire et bouclent la première année.

Au nombre des jeunes nés en Suisse de parents immigrés, 53% réussissent cette première année d'apprentissage ou d'école post-obligatoire. Par ailleurs, 21% des adolescents suisses optent pour une année de transition avant de se lancer, contre 33% pour les jeunes issus de l'immigration.

Manque d'informations

A leur arrivée au degré secondaire II, les enfants d'immigrés échouent aussi plus souvent que leurs homologues suisses. Selon l'étude, c'est surtout parce que leurs parents ne sont pas assez informés des subtilités du système de formation helvétique.

Il est ardu de le comprendre pour les immigrés provenant de pays avec des systèmes très différents de celui de la Suisse. D'où leur inaptitude ou leur difficulté à aider leurs enfants à trouver leur voie, d'après les auteurs de l'étude qui ont examiné le parcours de plus de 13'000 élèves de dernière année de l'école obligatoire ayant participé à l'étude Pisa en 2012. (nxp/ats)

Une année scolaire de retard

48% des enfants d'immigrés qui arrivent au gymnase (ou collège) ou en école professionnelle redoublent, mettent fin à leurs études, ou les interrompent en faisant une année sabbatiques. Ce problème ne concerne que 31% des élèves d'origine suisse.

Ces 17 points de différence représentent 3000 à 4000 enfants qui prennent une année scolaire de retard, selon les auteurs de l'étude. La tendance se retrouve dans les résultats des tests scolaires européens Pisa, qui font état d'environ un an de différence scolaire entre les élèves autochtone et les enfants d'immigrés de 15 ans.

Ecart différent selon l'origine

La différence peut s'expliquer par des compétences différentes, mais aussi des «aspirations scolaires exagérées» de la part des parents étrangers, affirme le spécialiste de l'éducation Stefan Wolter, qui a participé à la recherche. «Ils envoient davantage que les Suisses leurs enfants au gymnase ou faire un apprentissage exigeant, même lorsque le jeune n'est pas assez qualifié pour cela.»

L'écart est minime avec les enfants issus des Balkans, au contraire des jeunes originaires du Portugal, d'Allemagne, de France ou d'Autriche. Les parents de ces derniers sous-estimeraient l'apprentissage, avance l'étude. Il faudrait mieux les informer à ce sujet, estime Stefan Wolter, un des auteurs de l'étude. En effet, en Suisse, une année de scolarité coûte environ 15000 fr.

(NewsXpress)

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