Actualisé 24.02.2009 à 15:13

«Slumdog Millionaire»

«Les enfants de la rue ont des talents»

A sa manière, «Slumdog Millionaire» apporte sa contribution à l'information sur une réalité que vivent beaucoup d'enfants dans le monde.

de
Didier Bender

C'est un conte de fée des temps modernes, qui se joue dans les bidonvilles de Bombay, en Inde. Et qui séduit jusqu'à Hollywood. Huit oscars et des millions de spectateurs plus tard, «Slumdog Millionaire» est devenu un phénomène planétaire. Qui détourne aujourd'hui le regard du monde sur ces enfants des rues. Visages poussiéreux, petites mains d'une misère humaine criarde, à qui des ONG tentent de redonner une dignité et une place dans la société.

Le coup de projecteur lancé par le film sur cet univers va-t-il soulager, à sa manière, la misère du monde? «On peut l'espérer», souligne Pierre Zwahlen, porte-parole de la Fondation Terre des hommes. «Ce film est d'abord réaliste. Il présente les enfants confrontés à la pauvreté et à une terrible précarité. Pour cela, c'est un film qui a toute sa valeur. Dans ce cas, il se termine bien. Mais je crois que les spectateurs se rendent compte aussi de ce qui signifie la vie de tous les autres enfants, qui vivent dans la rue et qui sont exposés à toutes sortes de maux. Toxicomanie, bandes armées, baston de la police, ce sont les réalités au jour le jour des enfants de la rue.»

«Davantage de gens sensibilisés et informés»

En Inde, Terre des hommes (Tdh) n'a pas directement de projets liés aux enfants des rues. La Fondation aide à la réintégration de jeunes filles, qui viennent principalement du Népal, et qui ont été recrutées dans des réseaux de prostitution. Le film du réalisateur Danny Boyle va apporter une aide, difficile à quantifier, aux organisations actives sur le terrain. «C'est beaucoup de monde supplémentaire qui sera informé, sensibilisé sur ces questions et peut-être qui fera preuve d'un petit peu de générosité», espère le porte-parole de TdH.

A l'image des pays émergents, l'Inde est en plein boom économique, «mais qui laisse au bord de la route, dans une misère profonde, énormément de monde et notamment des enfants», précise Pierre Zwahlen. «Il faut épauler ces enfants de la rue, les aider à utiliser les talents qu'ils ont développés dans les rues, comme le personnage principal du film qui utilise ce qu'il a appris pour un jeu télévisé.»

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