Suisse: Les enfants sont-ils moins intelligents en crèche?
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SuisseLes enfants sont-ils moins intelligents en crèche?

Selon un ancien conseiller national UDC, les enfants placés dans les crèches auraient un quotient intellectuel inférieur à ceux qui grandissent au sein de la famille.

par
Christine Talos
Toni Bortoluzzi, ici en août 2017.

Toni Bortoluzzi, ici en août 2017.

Keystone

L'ancien conseiller national Toni Bortoluzzi (UDC/ZH) vient de lancer un pavé dans la mare. Selon lui, les enfants que l'on place dans les crèches ont un quotient intellectuel (QI) plus bas que celui des petits qui sont élevés dans le cadre familial. Il vient d'envoyer une brochure titrée en ce sens à quelque 30'000 ménages de Suisse, explique le Blick dans un récent article.

C'est l'Association «Initiative de protection», dont le politicien est président, qui se cache derrière cette campagne. Cette association a son origine dans l'initiative populaire fédérale «Protection contre la sexualisation à l'école maternelle et à l'école primaire», déposée en décembre 2013. Le texte avait été retiré en 2015.

Selon la nouvelle brochure, chaque mois supplémentaire que les jeunes enfants passent en crèche entraînerait une baisse de leur QI plus tard, quand ils auront entre 8 et 14 ans. Ce phénomène serait particulièrement prononcé chez les petits qui fréquentent les crèches jusqu'à l'âge de deux ans.

Étude italienne citée

Toni Bortoluzzi défend cette théorie. Selon lui, elle se base sur une étude italienne reconnue. Mais il est pleinement conscient du fait que sa posture va à l'encontre de la tendance actuelle. «Je suis un grand-père conservateur. Les parents et les valeurs familiales sont irremplaçables à mes yeux», se justifie-t-il dans le Blick.

Cette attaque contre les crèches n'est pas du tout du goût de la Fédération suisse pour l'accueil de jour de l'enfant (kibésuisse). Sa directrice, Nadine Hoch, estime la brochure ridicule et critique le couvert scientifique dont elle se targue. Il existe des douzaines d'études qui prouveraient exactement le contraire de ce qui y est écrit, selon elle. «Peut-être que Toni Bortoluzzi veut surtout que les femmes retournent en cuisine?»

Elle souligne que beaucoup de parents n'ont pas d'autre choix que de faire garder leurs enfants la journée. Et c'est à ce problème qu'il faudrait s'attaquer, selon elle. Au lieu de diaboliser les crèches, elle appelle plutôt à l'introduction d'un vrai congé parental, à l'image de ce qui se pratique en Allemagne.

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