Canada: Les enfants tués par un python ont été asphyxiés

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CanadaLes enfants tués par un python ont été asphyxiés

Le serpent qui aurait tué deux frères canadiens était un animal de compagnie. L'autopsie a pour sa part commencé à révéler les détails de la mort des enfants.

Cet immeuble a été le théâtre d'un drame peu banal. (Source: dr)

Cet immeuble a été le théâtre d'un drame peu banal. (Source: dr)

L'autopsie pratiquée sur les corps de deux jeunes Canadiens tués dans leur sommeil par un python confirme qu'ils sont morts d'asphyxie, accréditant la thèse de l'étranglement, a indiqué la police fédérale mercredi.

«Selon les résultats préliminaires des autopsies pratiquées, les deux garçons de Campbellton qui ont été tués par un python de Seba, le 5 août 2013, sont décédés par asphyxie», a noté la Gendarmerie royale du Canada (GRC, police fédérale) dans un communiqué.

Ces conclusions proviennent des résultats préliminaires de l'autopsie pratiquée mardi sur les corps de Connor et Noah Barthe, deux frères de 6 et 4 ans retrouvés morts lundi matin chez un ami chez qui ils avaient passé la nuit, sur la côte atlantique canadienne.

«Les enquêteurs doivent attendre les résultats d'autres analyses et le rapport final», a fait valoir le sergent Alain Tremblay, avertissant que l'enquête sera longue.

En outre, la GRC a fait savoir que «les restes du serpent sont entre les mains d'un vétérinaire du gouvernement provincial et ils seront détruits».

Animal de compagnie

Le python qui a étranglé deux petits garçons au Canada se trouvait dans l'appartement de son propriétaire, lequel était dépourvu de permis l'autorisant à garder un tel animal sauvage chez lui, selon les autorités.

Connor et Noah Barthe, deux frères qui auraient eu prochainement 7 et 5 ans, sont morts lundi matin dans le salon de l'appartement du père de leur petit copain, Jean-Claude Savoie, qui abritait aussi un python d'Afrique.

Le reptile de 4 mètres de long et de 45 kilos faisait office d'animal de compagnie pour le propriétaire de l'animalerie exotique située juste en-dessous de l'appartement où s'est joué le drame.

Cause de la mort à déterminer

La cause exacte du décès reste à déterminer et les résultats des autopsies opérées sur les corps des deux petites victimes n'ont pas été révélés à ce stade. Néanmoins, il est clair que ce python n'aurait jamais dû se trouver dans le même logement que les jeunes garçons, pas plus que dans l'animalerie.

Une veillée à la mémoire des deux victimes devait se tenir mercredi soir dans la petite localité de Campbellton, dans le nord du Nouveau-Brunswick (est), où s'est déroulé le drame qui a suscité l'émoi et la consternation bien au-delà du Canada.

Les autorités de la province du Nouveau-Brunswick ont rappelé que la législation locale n'autorisait pas, sauf permis exceptionnel, la vente ou la détention de serpents. Elles ont également fait savoir que Jean-Claude Savoie ne détenait pas de permis spécifique pour ce python.

Enquête peu ordinaire

Le sergent Alain Tremblay de la Gendarmerie Royale du Canada (GRC) a pointé l'incongruité d'une enquête peu ordinaire, dont le suspect est un animal de compagnie qui est aussi une bête sauvage. «On traite l'affaire comme une scène de crime et ce n'est pas une situation standard», avait-il expliqué.

Généralement, il est interdit pour un particulier d'avoir des serpents venimeux ou de plus de 3 mètres.

Ce drame a mis en évidence le labyrinthe des règlements sur la détention d'animaux sauvages au Canada.

L'importation d'animaux sauvages comme des serpents ou des caïmans pour les garder dans son salon ou son jardin n'est pas interdite au Canada.

Myriade de lois

L'Agence canadienne d'inspection des aliments explique qu'un voyageur peut entrer au Canada avec son serpent de compagnie sans aucune restriction. «On peut importer ces animaux de n'importe quel pays, pour n'importe quel usage que ce soit, n'importe où au Canada», écrit ainsi cette administration fédérale.

La directive au niveau national s'accommode d'une myriade de lois, arrêtés municipaux ou règlements locaux.

Sur la seule ville de Montréal, un jeune python peut être interdit dans une maison et être abrité en toute légalité dans une autre maison de l'autre côté de la rue, a reconnu Valérie De Gagné, responsable des affaires publiques à la mairie de Montréal.

Arriver au Canada avec son python est donc tout à fait légal, mais il convient ensuite à chacun de vérifier localement que l'animal est autorisé à rester dans sa maison.

Certaines provinces sont moins tolérantes en la matière. En Colombie-Britannique (ouest du Canada), le gouvernement a durci sa législation après l'attaque d'une jeune femme par le tigre de son fiancé. (afp)

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