Actualisé 07.03.2006 à 07:11

Les ennuis attendent George W. Bush après son voyage en Asie

Bush a rapporté d'Asie un accord nucléaire avec l'Inde qu'il qualifie d'"historique". Le président américain n'aurait toutefois pas trop des bras d'une divinité hindoue pour affronter les difficultés qui l'attendent à Washington.

L'accord passé lors d'une visite que d'aucuns comparent à celle de Richard Nixon en Chine en 1972 risque d'attirer à M. Bush des ennuis avec le Congrès (Parlement), inquiet d'une incitation à la prolifération.

Le président reste aussi dans la fronde parlementaire menée contre la décision de céder à une compagnie arabe le contrôle des opérations dans six grands ports américains. La controverse ne s'est pas apaisée durant le voyage en Asie. Elle a encore ajouté à une impopularité dont M. Bush partage le record, à ce stade de son mandat, avec M. Nixon juste avant sa démission.

38 ou 39 %

Selon deux sondages publiés récemment, 38 ou 39 % seulement des Américains approuvent l'action du président au début de sa sixième année de pouvoir, pas très loin du plus bas de novembre 2005. Ce qui ne peut manquer d'inquiéter la majorité républicaine du président, c'est que le soutien dans son propre parti diminue singulièrement.

La querelle sur les ports a tout pour préoccuper l'administration. Sa décision de laisser une compagnie émiratie prendre le contrôle des terminaux portuaires américains est contestée par sa majorité. Elle remet en cause l'idée que les républicains sont les mieux à même de protéger le pays contre les terroristes.

Seules 17 % des personnes interrogées acquiescent à la décision de l'administration. Dans une enquête d'opinion pour CNN et «USA Today», pour la première fois, moins de la moitié des Américains souscrivent à la politique de M. Bush contre le terrorisme.

«Non»

«Non», a abruptement répondu dimanche l'éminent parlementaire républicain Duncan Hunter à la chaîne ABC qui lui demandait s'il laisserait la transaction se faire. Un autre parlementaire, le démocrate Charles Schumer, a affirmé sur CNN sa volonté que le Congrès ait le dernier mot, une éventualité qui pourrait pousser M. Bush à faire usage pour la première fois de son droit de veto, comme il a menacé de le faire.

Les démocrates devaient diffuser à partir de lundi des spots accusant M. Bush de vendre les ports aux «Emirats Arabes Unis, un pays qui avait des relations diplomatiques avec les talibans».

Référendum

De plus en plus de républicains, inquiets que les élections à mi- mandat en novembre ne se transforment en référendum pour ou contre M. Bush, pourraient être tentés de prendre leurs distances avec lui.

Une caricature publiée dimanche dans le «Washington Post», jouant de son voyage en Inde, le montrait en paria, faisant l'aumône, ignoré par les éléphants qui passent (l'éléphant est l'emblème républicain) et vêtu d'une tunique barrée du mot Irak.

Guerre civile

La perception de la situation en Irak s'est encore détériorée. Selon un sondage pour la chaîne Fox, 81 % des Américains jugent probable que le pays sombre dans la guerre civile, malgré les dénégations de l'administration.

«Cette administration, y compris le président, a déformé la réalité de cette guerre au cours des deux dernières années (...) Nous sommes pris dans une guerre civile», a dit dimanche le parlementaire démocrate John Murtha sur CBS.

Diffusion choc

Les récentes violences ainsi que les querelles irakiennes empêchant la formation d'un gouvernement mettent en cause une stratégie américaine contestée et un désengagement militaire rapide, réclamé par l'opinion américaine.

L'impopularité de M. Bush a été mesurée avant la diffusion-choc par les chaînes de télévision américaines la semaine dernière d'une vidéo dans laquelle il assure, lors d'une réunion de travail, que l'administration est «complètement préparée» à l'arrivée de Katrina. C'était le 28 août, la veille de l'arrivée sur les côtes de l'ouragan qui a fait plus de 1300 morts. (ats)

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