Genève: Les enseignants privés de WhatsApp avec les élèves
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GenèveLes enseignants privés de WhatsApp avec les élèves

L'Etat se cale sur un règlement européen et interdit aux profs l'usage du service de messagerie. La fin d'une situation floue.

par
Jérôme Faas
L'application gratuite est bannie de l'école obligatoire genevoise.

L'application gratuite est bannie de l'école obligatoire genevoise.

iStock

«Il est connu que des enseignants utilisent WhatsApp pour communiquer avec leurs élèves (...). Cette pratique n'est aujourd'hui plus possible.» En mai, le Département de l'instruction publique (DIP) a émis une directive. WhatsApp était jusqu'alors prohibé mais toléré. C'est fini, car le 24 avril, l'application a relevé l'âge minimal d'utilisation de 13 à 16 ans. Elle se conformait ainsi au nouveau règlement général sur la protection des données, entré en vigueur dans l'Union européenne le 25 mai.

Porte-parole du DIP, Pierre-Antoine Preti confirme que WhatsApp est banni de l'enseignement obligatoire, quelle que soit son utilisation. «Le cadre légal renforce cette pratique». Il prône l'usage de plateformes en ligne (Moodle, educanet2) spécialement prévues pour le monde éducatif.

«Ça faisait un moment que l'on demandait une clarification, salue Julien Nicolet, de la Famco, le syndicat des maîtres du Cycle. Maintenant, on ne pourra plus utiliser WhatsApp en faisant croire qu'on ne savait pas.» Mais il reste dubitatif. S'il juge l'outil dénué de vraie valeur pédagogique, il le trouvait pratique pour les petites communications. «Là, si un élève me demande via WhatsApp dans quelle salle un cours a lieu, vais-je devoir payer un SMS pour répondre?» Il relève aussi un paradoxe. «Par souci de la protection des données, on ne peut pas mettre de notes dans un drive Google, par exemple. Mais elles ont un carnet, bien moins sécurisé, qui peut être oublié dans un bus.»

De strict à souple

En Valais, l'utilisation des smartphones par les élèves de l'école obligatoire est interdite, point barre. Fribourg dévoilera le 17 août des directives à propos des réseaux sociaux. Neuchâtel «recommande» de ne pas utiliser WhatsApp. Et ses directives sur la protection des données empêchent presque tout usage. Vaud ne réglemente pas, mais les maîtres «sont invités à ne plutôt pas l'utiliser». Que WhatsApp fixe la limite d'âge à 16 ans règle la question, juge le canton.

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