Actualisé 15.05.2020 à 14:21

SuisseLes enseignants satisfaits par une rentrée particulière

Malgré les mesures de protection à respecter, le retour des élèves en classe s’est bien passé. Pouvoir travailler avec moins d’enfants est positif.

Les différentes règles à observer, en particulier la distanciation entre enfants et adultes, changent la manière d'enseigner (photo d’illustration).

Les différentes règles à observer, en particulier la distanciation entre enfants et adultes, changent la manière d'enseigner (photo d’illustration).

KEYSTONE

Une semaine après le retour dans les écoles, les enseignants sont satisfaits et globalement rassurés. Avec les mesures de protection à respecter et la question du nettoyage des salles et du matériel, il n'est toutefois pas possible de reprendre l'école comme avant le 13 mars.

«La reprise s'est relativement bien passée, certes dans une ambiance un peu particulière», explique à Keystone-ATS Samuel Rohrbach, président du Syndicat des enseignants romands (SER). Malgré une part de crainte, élèves et enseignants ont eu «un grand plaisir à se retrouver».

Les différentes règles à observer, en particulier la distanciation entre enfants et adultes, changent la manière d'enseigner. Mais, après quelques jours d'ajustement, tout semble bien se mettre en place, ajoute-t-il. Le travail en demi-classe est positif, aussi bien pour l'aspect sanitaire que pédagogique.

Retisser du lien

Les enseignants semblent rassurés par cette rentrée, abonde Gregory Durand, président de la Société pédagogique vaudoise (SPV). L'important était de pouvoir recommencer de manière progressive et sécurisée, avec des demi-classes pour pouvoir accueillir les enfants sereinement et leur apprendre les gestes barrière.

Une certaine routine s'est désormais installée: il y a ainsi «un vrai rituel du lavage des mains» quand les enfants arrivent en classe, illustre-t-il. Cela prend du temps, mais c'est aussi l'occasion d'échanger et de discuter de divers sujets avec les élèves, ce qui est aussi formateur, renchérit Samuel Rohrbach.

Outre l'apprentissage des gestes barrière, l'un des objectifs de cette «rentrée» était de «retisser du lien» avec les élèves après huit semaines d'absence et d'enseignement à distance, note Gregory Durand. Il s'agit de les écouter et de voir comment ils ont vécu cette période. L'enseignement «pur» comme avant le 13 mars reprendra plus tard.

Points d'interrogation

Un avis partagé, outre-Sarine, par Dagmar Rösler, présidente du syndicat d'enseignants alémaniques LCH. Dans certaines écoles, l'éducation physique ne peut se faire que de manière limitée; d'autres ont dû supprimer les cours de natation. «On a dû renoncer à beaucoup de choses qui rendent l'école vivante, passionnante et variée», résume-t-elle.

Selon elle, il subsiste un certain nombre de «points d'interrogation concernant la distance sociale», en particulier dans les cantons alémaniques qui ont repris avec des classes entières.

La SPV va lancer un sondage auprès de ses membres pour faire le point sur cette «rentrée» et faire «remonter» les questions en suspens au Département de la formation, de la jeunesse et de la culture.

Nettoyage

Mais son président pointe déjà du doigt deux difficultés: le respect de la distance sociale et la question de la désinfection des locaux et du matériel.

C'est notamment compliqué pour les plus petits (1-2 Harmos) qui ont l'habitude d'une part d'avoir un contact assez proche avec les enseignantes et d'autre part de toucher les objets. Il faut trouver un moyen qu'ils jouent de manière individuelle ou, du moins, qu'ils y ait le moins d'échange de matériel possible.

Mais le problème se pose aussi au secondaire, un âge où les élèves changent régulièrement de salle de classe. Il y a beaucoup de «brassage» quand 40 à 60 élèves se croisent dans des couloirs étroits. En outre, les classes doivent nettoyer et désinfecter leurs tables et leurs chaises à chaque intercours, ce qui prend beaucoup de temps, souligne M. Durand.

Au niveau politique, on salue «le très grand engagement» des écoles. «Les enseignants mettent tout en oeuvre pour rendre possible un retour à une vie scolaire aussi normale que possible», se réjouit la présidente de la Conférence des directeurs de l'instruction publique (CDIP), Silvia Steiner. «En ce sens, le premier pas vers une nouvelle normalité a été réussi».

Peu d’absentéisme

Peu d'enfants ont manqué la reprise des écoles cette semaine en Suisse. Les enseignants y voient un signe de confiance dans les mesures mises en place. «Nous n'avons pas encore les chiffres pour chaque canton. Mais très peu d'enfants sont restés à la maison sans avoir de certificat médical», indique Samuel Rohrbach. On sentait un certain sentiment de peur chez certains parents, mais tout a été mis en place pour l'atténuer, renchérit-il. Selon lui, les mesures de sécurité sanitaire ont été correctement appliquées, avec parfois quelques petites maladresses il est vrai, ce qui a permis de poser un cadre sécurisant pour tous. La Conférence suisse des directeurs cantonaux de l'instruction publique (CDIP) constate quant à elle que «le retour en classe a très bien démarré dans toute la Suisse». La semaine dernière a également démontré que, en permettant d’adapter les mesures aux besoins régionaux, l'organisation fédéraliste contribuait à ce succès, ajoute la CDIP.

(ats/nxp)

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28 commentaires
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Véro

19.05.2020 à 07:13

Merci de garder un peu de respects vis à vis des enseignants !!!Honteux tous ces commentaires haineux!!!la crise de cette pandémie n‘aura aucunement amélioré quoique ce soit pour certains ici!!Tout ceux qui râlent ;occupez vous de l‘education de vos enfants au lieu de lâcher des commentaires irrespectueux sans connaître le terrain!!!Pas possible!!!

Alex

16.05.2020 à 20:10

In Spreitenbach Schule seefeld gibt es keine Schutz für Kinder, keine Distanz aber die Lehrerin und Lehrer sind gemask und geschützt. Warum??

Une Valaisanne

16.05.2020 à 12:41

Que de belles pétitions mais quand il faut assumer son rôle de parents jusqu'au bout, plus grand monde !!! Moi ils sont à la maison sans certificat médical. J'assumerai pleinement mon choix ou devoir, en tant que mère car ce n'est pas à de parfaits inconnus de décider de la santé de mes enfants. Il vaut mieux prévenir que guérir comme dit l'adage !! On verra dans deux semaines si les cas augmentent... Ce n'est pas de la peur c'est juste du bon sens.