Actualisé 29.09.2016 à 14:07

Energie

Les entreprises du secteur doivent se repenser

Face aux nombreux défis, la branche de l'approvisionnement électrique doit se réinventer.

photo: Keystone/Archives/Photo d'illustration

Si le tournant énergétique de la Suisse a commencé il y a un moment déjà, toutes les entreprises de la branche n'y sont pas nécessairement bien préparées. Selon une étude d'EY, elles affichent principalement des faiblesses en matière de communication avec leurs clients.

Des prix en baisse, un accroissement de la production d'origine photovoltaïque et éolienne ainsi que la numérisation représentent les défis à l'origine des difficultés de la branche de l'approvisionnement électrique. Alors que les revenus issus des activités traditionnelles se tassent, les entreprises doivent se trouver un nouveau modèle d'affaires. Mais reste à déterminer lequel.

Se penchant sur la question, le cabinet d'audit comptable et de conseils EY a examiné principalement la situation en Allemagne. Toutefois, ses conclusions s'appliquent aussi à la Suisse. De manière générale, EY observe quatre tendances de fond.

Outre une fragmentation croissante des marchés, la branche doit désormais multiplier les coopérations, notent les consultants d'EY. Mais au-delà, il est nécessaire de renforcer l'orientation client et aussi de s'engager dans l'ère du numérique.

Secteur en mutation

L'étude relève que ces deux derniers phénomènes vont changer de manière significative le secteur de l'énergie. Ainsi, la libéralisation du marché de l'électricité, laquelle n'est pas encore engagée en Suisse pour les particuliers, force les fournisseurs à s'adapter de manière accrue aux besoins de leurs clients.

D'autre part, le développement de l'énergie solaire, par exemple, transforme un nombre croissant de clients en producteurs, avec à la clef un contact à la clientèle plus diversifié et exigeant. «A l'avenir, les entreprises électriques devront renforcer la communication avec leurs clients», indique Jörg Ryser, expert de la question chez EY Suisse, interrogé par l'ats.

Alors que les firmes allemandes ont pris une certaine avance dans le domaine, il existe un besoin de rattrapage pour leurs homologues helvétiques. Plus concrètement, les clients devraient par exemple pouvoir à l'avenir piloter leur installation électrique à partir de leur téléphone portable, suggère M. Ryser.

Les sociétés électriques doivent aussi réagir à la fragmentation du marché. Les affaires d'approvisionnement en électricité se divisent désormais en une foule de services. En lien avec la fourniture d'énergie, les clients des entreprises électriques pourront choisir d'autres prestations, notamment en matière de mobilité ou de réseaux.

Activités plus complexes

De ce fait, ces sociétés devront gérer des affaires beaucoup plus larges et complexes, anticipe EY. Ainsi, certaines se spécialiseront, alors que d'autres chercheront à obtenir les compétences nécessaires par l'entremise de partenariats et de coopérations.

Contraints de coopérer, les acteurs du secteur verront leur nombre encore diminuer, prévoit M. Ryser. Et il n'est pas impossible que même l'une ou l'autre des grandes entreprises de la branche disparaisse, poursuit l'expert.

Face à ces changements en cours depuis longtemps déjà, les principaux fournisseurs d'électricité ont réagi. Alpiq et le groupe BKW, les ex-forces motrices bernoises, ont développé leurs activités dans les techniques du bâtiment. Axpo s'est orienté vers les affaires dites d'origination, soit l'achat et la vente pour le compte de tiers.

Des stratégies qui peuvent se révéler payantes, de l'avis de M. Ryser. Mais il convient de surmonter les obstacles tels que des changements de culture d'entreprise dans le cadre du développement d'activités dans les techniques du bâtiment, notamment en matière de relations avec la clientèle.

Evoquant l'avenir des affaires traditionnelles de production d'électricité, M. Ryser n'est guère optimiste. «Comme cela se dessine déjà actuellement, les grandes installations de production de courant peineront à atteindre le seuil de rentabilité», souligne-t-il. Un constat qui vaut tout particulièrement pour les centrales nucléaires et celles situées au fil de l'eau.

Fermetures possibles

Ces installations ne sont plus adaptées au nouveau paysage énergétique, dans lequel les centrales éoliennes et solaires assurent une production variable. «A l'avenir, le facteur décisif pour la branche électrique ne sera plus celui de la quantité, mais de produire au bon moment et au bon endroit».

Quant aux installations hydroélectriques, une bonne partie d'entre elles ne pourra survivre qu'à la faveur de subventions. Du côté des centrales nucléaires, il n'est pas exclu que l'une ou l'autre ne doive cesser son activité avant le délai prévu pour des raisons financières. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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