Actualisé 25.03.2020 à 17:52

Coronavirus - Crédits de Berne

Un montant de 20 milliards de francs d'aide est prévu

Un montant de 20 milliards de francs d'aide est prévu par le Conseil fédéral pour les crédits cautionnés par la Confédération.

Le grand argentier Ueli Maurer.

Le grand argentier Ueli Maurer.

Keystone

Les entreprises pourront obtenir dès jeudi auprès des banques des crédits cautionnés par la Confédération. Le Conseil fédéral a adopté mercredi l'ordonnance visant à aider les PME en matière de liquidités au moins jusqu'au 19 avril. Les banques sont prêtes.

Un montant de 20 milliards de francs d'aide est prévu pour le programme gouvernemental. Les entreprises réalisant plus de 500 millions de chiffre d'affaires n'y auront pas accès.

Il a fallu trouver un équilibre entre ce que demande l'économie et la place financière. «Mais nous n'avons pas le choix.» Les crédits cautionnés ne résoudront pas tous les problèmes des PME, mais il faut impérativement éviter des dizaines de milliers de chômeurs, a expliqué le grand argentier Ueli Maurer.

10% du chiffre d'affaires

Les entreprises pourront solliciter auprès de leur banque des crédits de transition à hauteur de 10% maximum de leur chiffre d'affaires annuel, jusqu'à un plafond de 20 millions. Pour ce faire, elles devront répondre à certains critères et déclarer notamment qu'elles subissent de substantielles pertes de chiffre d'affaires en raison de la pandémie de coronavirus.

Pour le directeur général de la Banque cantonale zurichoise Martin Scholl, le risque d'abus est limité car le crédit sera accordé par des banquiers qui connaissent leurs clients. Les banques ne sont pas non plus obligées d'accorder un crédit, a relevé la secrétaire d'Etat aux questions financières internationales Daniela Stoffel.

Taux d'intérêt nul

Remboursables dans les cinq, voire sept ans, les crédits seront versés rapidement et de manière non bureaucratique jusqu'à un montant de 500'000 francs. Ils seront garantis à 100% par la Confédération et assortis d'un taux d'intérêt nul. Le formulaire de demande de crédit sera disponible sur le site Internet covid19.easygov.swiss dès jeudi.

Les crédits de plus de 500'000 francs seront garantis à 85% par la Confédération. La banque créancière participera à raison de 15%. Ces crédits pouvant atteindre 20 millions par entreprise, ils exigeront un examen plus approfondi de la part des banques et seront donc assortis d'un taux d'intérêt de 0,5%.

Comme de nombreuses PME ne disposent que d'un compte auprès de PostFinance, cette dernière pourra aussi leur accorder de manière non bureaucratique des crédits allant jusqu'à 500'000 francs. Le Conseil fédéral souligne qu'il ne s'agit pas d'une suppression de l'interdiction d'octroi de crédits s'appliquant à PostFinance, mais d'une mesure temporaire dans le cadre de ce programme.

Banques prêtes

Les banques se sont préparées à un gros afflux de demandes. Plusieurs centaines de conseillers à la clientèle sont prêts, ont expliqué Martin Scholl et André Helfenstein, patron de Swiss Universal Bank chez Credit Suisse. Le but est que les clients obtiennent un crédit en trente minutes, les nouveaux clients dans la journée.

Il aura peut-être des difficultés au démarrage, mais il ne faut pas y voir de mauvaise volonté des banques. Le système devrait être rodé en quelques jours, a assuré Martin Scholl.

Soutien de la BNS

Les banques seront soutenues de leur côté par la Banque nationale suisse (BNS). Celle-ci leur offrira des facilités de refinancement qui leur permettront de maintenir leurs propres positions en liquidités en puisant dans un fonds illimité pour accroître rapidement le volume des crédits accordés aux entreprises à un taux d'intérêt égal à celui de la banque centrale suisse.

La Banque nationale suisse va également renforcer ses interventions sur les marchés monétaires. Le but est de protéger l'économie suisse, a annoncé son président Thomas Jordan.

Enfin, la BNS propose au Conseil fédéral de réduire les exigences de fonds propres des banques en supprimant le volant anticyclique destiné à contrebalancer la surchauffe du marché hypothécaire. L'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA) y est favorable, a déclaré son directeur Mark Branson.

Cela permettra de libérer des milliards pour aider l'économie réelle. Pour la même raison, la FINMA a décidé d'accorder aux banques une exception temporaire dans le calcul du ratio d'endettement. Les positions du bilan ne devront plus toutes être couvertes par des fonds propres indépendamment des risques.

La FINMA appelle par ailleurs les dirigeants à la retenue en matière de versements de dividendes. Les établissements solides qui limitent ou diffèrent les distributions resteront solides plus longtemps, a-t-elle affirmé. (nxp/ats)

(NewsXpress)
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