Une enquête le prouve – Les éoliennes ne tuent pas beaucoup d’oiseaux
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Une enquête le prouveLes éoliennes ne tuent pas beaucoup d’oiseaux

Contrairement à une idée répandue au sein de l’opinion publique, seule une petite partie des volatiles meurt à cause des éoliennes. Leurs vrais bourreaux sont les chats domestiques.

par
Lukas Rüttimann
Une étude a montré que peu d’oiseaux meurent à cause des rotors des éoliennes.

Une étude a montré que peu d’oiseaux meurent à cause des rotors des éoliennes.

20min/Simon Glauser

Certaines idées reçues ont la vie dure. Parmi elles, celle qui veut que de nombreux oiseaux décèdent chaque année à cause des rotors des éoliennes. Ces dernières seraient-elles bénéfiques à l’environnement et néfastes pour la faune? L’Office fédéral de l’énergie (OFEN) s’est penché sur cette question. Il en a conclu que très peu de volatiles meurent en raison des rotors.

Les chats et le trafic routier, ces tueurs d’oiseaux

Selon les estimations de l’OFEN, 36 millions d’oiseaux sont tués chaque année en Suisse à cause de l’activité humaine. Leurs bourreaux principaux sont les chats domestiques, responsables d’environ 30 millions de décès. Viennent ensuite les collisions avec les façades en verre (5 millions), puis celles enregistrées sur les routes (1 million). 

La recherche menée par l’OFEN conclut que la protection de l’avifaune est prise très au sérieux dans le domaine de l’énergie éolienne. En effet, pour chaque projet, de nombreuses vérifications doivent être effectuées dans le cadre de l’étude d’impact sur l’environnement. Et pendant l’exploitation, des mesures de réduction et de compensation sont en outre mises en œuvre. Dans ce contexte, le conseiller national François Pointet (PVL) a demandé au Conseil fédéral pourquoi une telle étude d’impact n’était pas également nécessaire pour les façades en verre et combien d’oiseaux entrent réellement en collision avec les éoliennes, en comparaison avec les oiseaux victimes des bâtiments, du trafic et des chats domestiques.

Vingt oiseaux morts par installation

Dans sa réponse, le Conseil fédéral souligne que le nombre total d’oiseaux indirectement tués par l’homme ne peut être qu’évalué. Selon les estimations de l’OFEN, en une année, chaque éolienne causerait seulement la mort de 20 oiseaux. Ce chiffre provient d’une étude effectuée par la Station ornithologique suisse dans le parc éolien du Peuchapatte (JU).

Cette étude a en outre permis de constater qu’aucun spécimen issu d’une espèce menacée ni de rapace n’avait été touché sur le site jurassien. Autre point intéressant: les trois éoliennes construites en 2011 ne sont pas équipées de radar et ne sont pas arrêtées lors de la migration des oiseaux. Alors que l’impact environnemental n’est pas examiné pour les façades en verre, percutées par environ un million d’oiseaux chaque année, une telle étude est par contre obligatoire dans le cadre de la procédure de planification d’une installation d’énergie éolienne en Suisse.

La taille n’est pas déterminante

Un autre préjugé tenace présuppose que les grandes pales feraient plus de victimes parmi les animaux. Pourtant, il y a des années déjà, des chercheurs sont arrivés à la conclusion que c’est surtout l’emplacement qui est déterminant, non pas la taille des pales.

De plus, des systèmes qui arrêtent automatiquement les éoliennes à l’approche d’oiseaux particulièrement menacés sont en cours de développement. Leur efficacité est toutefois encore controversée. En revanche, on utilise aujourd’hui déjà des logiciels qui permettent d’arrêter automatiquement les rotors lorsque certaines conditions météorologiques sont favorables au vol des chauves-souris, par exemple.

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