Actualisé 24.03.2016 à 22:19

Hockey – LNALes erreurs se sont cumulées dans l'Acte III

Genève a été battu par Lugano en prolongation (3-4), mardi soir aux Vernets, lors d'un 3e match de leur série de demi-finale de play-off, marqué par le déchet.

de
Oliver Dufour, Genève
photo: Keystone/Salvatore di Nolfi

Entre deux formations qui ont maîtrisé leur sujet sur la glace en cette fin de saison et pratiquant un hockey la plupart du temps alléchant, il peut aussi y avoir des ratés. Ca a été le cas lors de l'Acte III de cette demi-finale indécise entre Genève-Servette et le HC Lugano. «A mon avis notre équipe a plutôt bien joué», a estimé l'entraîneur genevois, Chris McSorley, au terme de l'affrontement. «Mais je ne suis justement pas très content des erreurs individuelles que nous avons commises ce soir (ndlr: mardi). C'est ce qui a fait la différence.» Mais pourquoi de telles bévues, dont le blanc de Daniel Vukovic après un peu plus d'une minute de prolongation, qui a mis le buteur décisif Damien Brunner sur orbite, sont-elles soudain apparues lors du troisième match de la série? «Les équipes commencent à mieux se connaître après deux matches», a analysé McSorley, qui fêtait son 54e anniversaire. «Du coup, ça affecte le jeu dans les deux camps. Les équipes se neutralisent un peu plus.»

Le premier tiers-temps de la rencontre a donné le ton. Au cours de ces vingt premières minutes de jeu, les spectateurs des Vernets ont pu voir une quantité peu habituelle de déchet produit par les deux adversaires. A témoin, les cinq situations de supériorité numérique, trois pour Genève, deux pour les Tessinois, qui n'ont débouché sur aucun but marqué, et même quasiment aucune occasion digne de ce nom, si ce n'est une action de rupture en solitaire de Matthew Lombardi, qui a profité d'une grosse bourde d'Alessandro Chiesa avant de se heurter à Elvis Merzlikins, alors que les Aigles évoluaient pourtant en infériorité numérique (14e). Puis une autre d'Alessio Bertaggia, qui a échoué seul devant Robert Mayer lors d'un contre (19e), alors que les Luganais patinaient avec un joueur de plus sur la glace.

Un break de courte durée

Habituellement excellentes en power-play, les deux formations se sont rappelées à leurs bons souvenirs dans l'exercice en deuxième période. C'est le défenseur «grenat» Romain Loeffel qui a d'abord montré la voie. En un peu plus de cinq minutes (à la 26e et à la 31e), il a inscrit son premier doublé de la saison (8 buts en tout) sur de solides frappes prises en avançant depuis la ligne bleue. De manière un peu surprenante, lorsqu'on connaît ses qualités dans ces situations spéciales, il s'agissait là des deux premières réussites de l'exercice de la part du No 58 servettien. «C'est vrai, je n'avais pas vraiment fait attention à ça. Mais ce sont des choses qui arrivent», a plaidé Loeffel. «J'essaie toujours de mettre le puck au but, pour au moins offrir des rebonds à mes coéquipiers.»

Mais alors que les Aigles auraient pu profiter de faire le break de façon sans doute définitive, eux qui ont encore évolué durant plus d'une minute à 5 contre 3 dans la foulée de leur deuxième but de la soirée, ils se sont laissés piéger par des Tessinois qui ont à leur tour pu profiter d'un power-play concédé de manière évitable par Johan Fransson pour avoir retenu. Superbement servi par son compatriote Linus Klasen, Tony Martensson a pu glisser le puck entre les jambières de Mayer (36e). «Ca leur a redonné envie de jouer et ils se sont mis à pousser plus», a soupiré Romain Loeffel. L'égalisation est alors tombée à moins de deux minutes de la deuxième sirène (38e), lorsque Martensson a profité d'un cafouillage genevois à la relance pour mettre sur orbite Damien Brunner. Sans tourner la tête alors qu'il était derrière la cage genevoise, le Suédois a glissé le puck en retrait devant le but en le faisant rebondir sur la jambière de Mayer. Au centre, Brunner n'a pas manqué l'aubaine.

Première bévue signée Merzlikins

Les erreurs individuelles ne se sont pas arrêtées pour autant. Au contraire, c'est jusqu'au terme de la partie que les imprécisions et les hoquets se sont poursuivis. Ils ont d'ailleurs offert deux buts supplémentaires dans la troisième période. Roland Gerber a d'abord perdu le puck sur Martensson à sa ligne bleue alors qu'il s'apprêtait à relancer. L'attaquant luganais a permis à Klasen de se décaler dans son dos pour aller fusiller Mayer de façon imparable (48e). Puis, Merzlikins a commis sa première véritable gaffe de la devant ses filets série – alors que face à lui Mayer n'a cessé d'enchaîner les parades miraculeuses – en laissant filer derrière lui une «savonnette» qu'il avait pourtant interceptée sur un tir d'apparence anodine de la part de Marco Pedretti, qui venait d'être complètement déséquilibré à l'entrée de la zone tessinoise (56e). C'était peu avant que la bourde de Vukovic jugée «inacceptable» par son coach ne mette un point final à une drôle de soirée.

Désormais menés 2-1 dans la série, le GSHC devra retourner s'imposer outre-Gothard au moins une fois, à partir de jeudi, pour espérer conserver des chances de se hisser en finale. «On l'a fait une fois, alors pourquoi pas deux?», a positivé Pedretti. «La série a jusqu'ici été plutôt neutre», a pour sa part estimé Chris McSorley, à qui il n'avait pas échappé que l'avantage d'évoluer à domicile n'en avait jusqu'ici pas été un. «Nos adversaires ont flairé du sang. Lorsque ça arrive, la quête de la victoire devient parfois plus désespérée. A nous d'en profiter», a conclu l'Ontarien.

Twitter, @Oliver_Dufour

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