Banques: Les Etats-Unis ont-ils tenté de voler des données?
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BanquesLes Etats-Unis ont-ils tenté de voler des données?

Le centre de données SWIFT de Diessenhofen (TG), qui gère les transactions internationales interbancaires, aurait été victime d'espionnage de la NSA.

par
dmz

Le système SWIFT (Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication) est utilisé par 10'000 banques de 200 pays dans le monde. Selon «Blick», un de ces centres de données, basé en Thurgovie, aurait été victime d'espionnage de la part de l'Agence pour la sécurité nationale américaine, la NSA.

L'information ressort d'une enquête de la chaîne de télévision brésilienne Rede Globo. SWIFT n'a pas souhaité s'exprimer sur le sujet, mais le président de l'association des utilisateurs suisses du système dément: «Jusqu'à présent, aucun piratage des données SWIFT n'est arrivé à nos oreilles», confie Daniel Wettsein.

Avant l'ouverture de ses bureaux à Diessenhofen, SWIFT disposait de deux centres de données. Un aux Etats-Unis et l'autre au Pays-Bas, dit «Blick». Des informations étaient régulièrement échangées entre les deux sites afin d'avoir une double sauvegarde.

Au début des années 2000, Les autorités américaines profitaient, en vertu de la lutte contre le terrorisme, pour surveiller les transferts d'argent entre les banques. Depuis 2010, un accord entre les USA et l'Union européenne a freiné le mouvement, car les Etats-Unis devaient faire une demande officielle afin d'accéder aux informations. Y compris pour la Suisse.

Tout change en 2013

Avec la création du troisième centre en Suisse en 2013, les pratiques ont encore changé. Et pas dans le sens des USA. Les données SWIFT sont désormais réparties en deux zones: Europe-Asie et zone transatlantique. Les transactions intra-européennes ne sont échangées qu'entre les sites de Diessenhofen et le centre hollandais.

C'est justement au moment de l'échange que les pirates pourraient agir. Et même si les données sont cryptées, elles n'en restent pas moins vulnérables. Pour Daniel Wettstein, une telle attaque reste tout de même possible: «Ces accusations ne sont pas vraiment une surprise pour moi. Il faut simplement savoir qu'il n'existe aucune alternative à SWIFT pour le moment. A part les pigeons voyageurs».

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