Affaire Polanski: Les Etats-Unis refusent l'abandon des poursuites contre Polanski
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Affaire PolanskiLes Etats-Unis refusent l'abandon des poursuites contre Polanski

La justice américaine a refusé lundi d'abandonner des poursuites lancées contre Roman Polanski pour une affaire de détournement de mineure remontant à 1977.

La cour d'appel du 2e district de Californie a annoncé qu'elle avait rejeté ce recours, les juges déclarant qu'ils étaient «profondément préoccupés» par les faits allégués. Les Etats-Unis réclament à Berne l'extradition du réalisateur, désormais assigné à résidence dans son chalet de Gstaad.

«Nous encourageons toutes les parties impliquées à faire tout leur possible pour veiller à ce que cette question se conclue désormais d'une manière qui réponde pleinement aux questions de respect de la procédure et d'équité fondamentale soulevées par ces événements anciens», ajoutent les juges.

Les avocats du cinéaste franco-polonais, qui s'était enfui en Europe en 1978, avaient avancé le mois dernier que des irrégularités dans l'affaire justifiaient l'abandon des poursuites. Ils avaient aussi estimé que Roman Polanski, actuellement assigné à résidence en Suisse dans l'attente d'une décision sur la demande d'extradition des Etats-Unis, n'avait pas besoin d'être physiquement présent pour plaider pour l'abandon des poursuites.

Les juges ont rejeté ces deux arguments. Ils estiment «que le fait que du temps s'écoule encore avant la résolution finale de cette affaire va gêner davantage la recherche de la vérité» et «prolonger la souffrance que l'absence de clôture de cette affaire continue à causer à Samantha Geimer», la jeune victime.

Après avoir plaidé coupable de relations sexuelles avec la jeune fille âgée de 13 ans à l'époque des faits, Roman Polanski avait quitté les Etats-Unis en 1978 à la veille de l'énoncé de la sentence.

Le cinéaste estime ne pas avoir bénéficié d'une procédure équitable à l'époque des faits et avait déjà demandé une première fois l'abandon des charges en juillet, alors qu'il était encore libre. Il base notamment son argumentation sur un documentaire (``Roman Polanski: wanted and desired») diffusé sur la chaîne américaine HBO, faisant état d'arrangements entre le procureur et le juge chargés de l'affaire. Le procureur y reconnaît avoir interféré dans le dossier. Mais il s'est depuis rétracté, et le juge est, lui, décédé.

Arrêté le 26 septembre à l'aéroport de Zurich, Roman Polanski est désormais assigné à résidence dans son chalet de Gstaad, après avoir passé plus de deux mois en prison.

(ap/afp)

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