Assassinat à Coppet (VD): Les États-Unis sanctionnent treize officiels iraniens
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Assassinat à Coppet (VD)Les États-Unis sanctionnent treize officiels iraniens

Treize Iraniens soupçonnés d’avoir pris part à l’assassinat de l’opposant Kazem Radjavi à Coppet en 1990 ne peuvent désormais plus entrer aux États-Unis, a annoncé vendredi le département d’État américain.

La voiture de Kazem Radjavi après l’attaque du 24 avril 1990. Il avait été assassiné à l’arme à feu près de son domicile alors qu’il circulait dans un quartier résidentiel à Coppet.

La voiture de Kazem Radjavi après l’attaque du 24 avril 1990. Il avait été assassiné à l’arme à feu près de son domicile alors qu’il circulait dans un quartier résidentiel à Coppet.

KEYSTONE

Les États-Unis ont pris des sanctions contre 13 Iraniens impliqués dans l’assassinat de l’opposant Kazem Radjavi à Coppet (VD) en 1990. La justice vaudoise avait décidé en juin de classer l’affaire en raison de la prescription atteinte.

Le département d’État américain a annoncé vendredi des restrictions de visa pour 14 Iraniens en raison de leur participation dans des violations des droits humains «au nom du régime iranien». Ces personnes, ainsi que leur famille, ne peuvent plus entrer sur le territoire américain.

Cette mesure vise notamment 13 officiels iraniens soupçonnés d’avoir pris part à «l’assassinat brutal et minutieusement planifié» de Kazem Radjavi en Suisse en 1990, précise le communiqué. «Ces 13 assassins, qui se sont fait passer pour des diplomates iraniens, agissaient sous les ordres de leur gouvernement pour faire taire l’opposition», écrit le département d’État.

Mitraillé en pleine rue

Kazem Radjavi avait été assassiné le 24 avril 1990 près de son domicile alors qu’il circulait en voiture dans un quartier résidentiel à Coppet. Il avait été mitraillé en pleine rue.

Kazem Radjavi.

Kazem Radjavi.

KEYSTONE

Les soupçons de la justice vaudoise s’étaient portés vers des diplomates iraniens qui avaient rapidement quitté le pays après l’assassinat. Le meurtre aurait été commandité par les plus hautes sphères de la République islamique.

L’ancien ministre des renseignements Ali Fallahian a notamment été accusé d’instigation à assassinat. En 2006, le juge Jacques Antenen, alors en charge de l’affaire, avait lancé un mandat d’arrêt international à son encontre. Selon l’ancien magistrat, celui-ci aurait «décidé et ordonné l’exécution de Kazem Radjavi».

Résistance iranienne

Au moment de son assassinat, la victime était le représentant en Suisse du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI). Cette entité d’opposants en exil avait condamné en juin la décision de classer l’affaire.

Sa présidente Maryam Radjavi a salué samedi la décision américaine. C’est une «étape essentielle et efficace pour lutter contre le terrorisme», a-t-elle estimé, en appelant à des poursuites judiciaires et aux sanctions contre les dirigeants du régime iranien.

Le Département d’État a également désigné dans ses sanctions Hojatollah Khodaei Souri. Ce dernier, en tant que directeur de la prison d’Evin en Iran, dirigeait une institution «synonyme de torture et autres traitements cruels, inhumains ou dégradants».

(ATS/NXP)

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