Droits humains: Les Etats-Unis vilipendés à l'ONU

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Droits humainsLes Etats-Unis vilipendés à l'ONU

Les Etats-Unis ont affronté vendredi une salve de critiques devant le Conseil des droits de l'homme.

L'ONU a vilipendé les Etats-Unis sur le plan des droits de l'homme.

L'ONU a vilipendé les Etats-Unis sur le plan des droits de l'homme.

La peine de mort, les détentions sur la base de Guantanamo, les tortures en Irak et en Afghanistan, le traitement des immigrés ont été le plus fréquemment évoqués dans les critiques faites aux Etats-Unis, à l'ONU.

A la tête d'une délégation d'une trentaine de personnes, la responsable américaine pour les organisations internationales Esther Brimmer a renouvelé à Genève le «profond engagement» de l'administration Obama en faveur du multilatéralisme, des droits de l'homme et de l'Etat de droit.

Au terme du débat avec les gouvernements et les ONG, elle a affirmé que l'échange avait été «utile, respectueux, équitable et largement constructif». Le secrétaire d'Etat adjoint américain pour les droits de l'homme Michael Posner a aussi qualifié l'exercice de positif.

Interdiction de la torture

Attaqué sur les violations en Irak et en Afghanistan, le conseiller juridique du Département d'Etat Harold Koh a réaffirmé avec force l'engagement du président Obama de faire respecter une interdiction totale de la torture.

Interrogé sur les confessions du président George W. Bush dans ses mémoires selon lesquelles il avait donné son feu vert à des simulations de noyades pour extorquer des aveux à des terroristes présumés, Harold Koh a déclaré à la presse: «Le président Obama a changé cela. Cette page est tournée».

Il a affirmé que Barack Obama allait continuer à réduire le nombre de détenus sur la base américaine de Guantanamo, mais qu'il doit tenir compte des décisions des tribunaux et du Congrès.

Large fossé

Les ONG américaines ont affirmé de leur côté que les Etats-Unis n'ont pas réussi à convaincre. «Le débat a montré un large fossé entre le discours et la réalité», a déclaré à la presse Ajamu Baraka, directeur du US Human Rights Network (USHRN), qui regroupe plus de 300 ONG américaines.

En même temps, il a salué les nombreuses critiques des gouvernements, y compris occidentaux, qui aideront à faire avancer le débat aux Etats-Unis, sur la discrimination raciale, le droit au logement, la peine de mort, la non-ratification de plusieurs traités internationaux (droits de l'enfant, discrimination à l'encontre des femmes, droits des handicapés, Pacte sur les droits économiques et sociaux).

Cuba ouvre le débat

Cuba s'était arrangé pour ouvrir les feux en dénonçant tour à tour l'embargo contre son pays, la détention de militants cubains aux Etats-Unis, les crimes de guerre en Irak et en Afghanistan, le traitement des peuples indigènes.

Le Venezuela, l'Iran, la Russie, le Nicaragua, la Bolivie ont suivi en dénonçant en vrac les détentions secrètes, la pratique de la torture, les crimes de guerre en Irak et en Afghanistan, le maintien de la base américaine de Guantanamo, la peine de mort, les émissions de gaz à effet de serre, entre autres.

Les pays occidentaux ont été plus modérés, mais néanmoins fermes sur des revendications comme l'abolition de la peine de mort.

Demandes de la Suisse

La Suisse a demandé aux Etats-Unis d'instaurer un moratoire sur les exécutions. Elle a plaidé en faveur de la liberté conditionnelle pour les délinquants de moins de 18 ans condamnés à perpétuité pour homicide.

L'ambassadeur de Suisse à l'ONU Dante Martinelli a également critiqué les conditions de détention des migrants sur territoire américain. Il a demandé que leur incarcération n'ait lieu que dans des cas exceptionnels et soit conforme aux normes internationales.

En rappelant que la Suisse a accepté de faciliter la libération de trois détenus de Guantanamo, l'ambassadeur suisse a invité les Etats-Unis à «trouver une solution pour les 174 personnes qui y sont encore détenues».

Les Etats-Unis vont examiner les nombreuses recommandations faites par les Etats et ONG. Ils feront savoir mardi celles qu'ils acceptent, refusent ou pour lesquelles ils reportent leur réponse.

Plus de 135 Etats, dont la Suisse en mai 2008, ont subi le même examen devant le Conseil. Les 192 Etats membres de l'ONU devraient avoir été examinés d'ici la fin 2011.

(ats)

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