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Santé Les étrangers moins souvent à l'hôpital

Alors qu'ils forment 22,8% de la population suisse, les étrangers ne représentent que 18,1% des hospitalisations. Cette tendance globale peut néanmoins s'inverser selon les domaines.

Pour certains diagnostics tels que les «lésions traumatiques du genou et de la jambe», les «tumeurs malignes» et les «arthropathies», les Suisses sont davantage hospitalisés que les étrangers. C'est ce que conclut une étude publiée mardi par l'Observatoire suisse de la santé et réalisée pour le compte de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP). Cette dernière ne s'est toutefois pas penchée sur des hypothèses qui permettraient d'expliquer les différences constatées, a indiqué à l'ats Stéphane Luyet, l'un des auteurs.

Les hospitalisations pour des troubles cardio- vasculaires sont plus fréquentes chez les hommes et les femmes du Proche-Orient et chez les hommes italiens. De plus, les hommes du Proche-Orient sont par exemple plus souvent traités pour des troubles de santé mentale.

Suisses plus souvent à l'hôpital

Dans le détail, les Suisses connaissent un taux de 192 hospitalisations pour 1000 habitants. Pour les ressortissants d'Italie et du Proche-Orient, cet indicateur se monte à 167. Le taux est nettement en dessous de la moyenne Suisse pour les ressortissants d'Europe de l'Ouest (138) et d'Europe de l'Est (128).

Seuls trois groupes d'étrangers présentent un taux d'hospitalisation supérieur à celui des Suisses: les personnes originaires d'Amérique du Sud, d'Afrique et de Russie.

Santé des migrants

L'étude fait partie d'un programme plus vaste sur la santé des migrants, souligne le vice-président de l'OFSP Stefan Spycher. Elle confirme «largement des résultats déjà connus».

Certaines populations étrangères étant particulièrement touchées par des diagnostics liés à la santé psychique, aux troubles cardio- vasculaires et au diabète, il est important de les prendre en compte dans l'effort de prévention, souligne M. Spycher.

L'information sur le pays d'origine des patients n'est pas toujours disponible

L'étude publiée mardi montre également les limites des bases de données actuelles. Celles-ci ne permettent pas de connaître avec précision leur situation migratoire.

En outre, en raison de la protection des données, l'information sur le pays d'origine des patients n'est pas toujours disponible. Les nationalités sont agrégées en un certain nombre de grandes régions, sauf pour les pays limitrophes.

La région «Proche-Orient» est ainsi composée à 82,3% de Turcs. Les personnes comprises dans la catégorie «Europe de l'Est» sont 87,7% à appartenir à un pays de l'ex-Yougsolavie (Bosnie- Herzégovine, Croatie, Macédoine, Serbie-Monténégro) ou à l'Albanie. Les patients de la catégorie «Europe de l'Ouest» proviennent à 78,8% du Portugal, d'Espagne et d'Italie.

(ats)

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