Manifs pour le climat: Les étudiants ne craignent pas la pluie
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Manifs pour le climatLes étudiants ne craignent pas la pluie

Ils étaient au moins 10'000 jeunes à défiler à Lausanne et encore bien plus nombreux dans le monde entier pour manifester en faveur du climat.

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nxp/cht/ats/afp

Les manifs pour le climat dans différentes villes suisses

Plusieurs milliers de jeunes en formation, 10'000 selon la police, ont ressorti leurs sifflets et sillonné les rues de Lausanne vendredi en faveur du climat. Troisième mobilisation sur cette thématique cette année, c'est la deuxième qui se tient un jour de semaine.

Désireux de rappeler aux politiques et à la population qu'ils veulent une action rapide en faveur de l'environnement, ces jeunes ont quitté leurs salles de cours et lieux d'apprentissage pour se retrouver à 10h30 devant la gare. Sous un ciel menaçant, ils ont entamé un cortège qui traverse le centre-ville.

«Tu pollues? T'es pas réélu»

Sur leurs pancartes, on pouvait notamment lire: "Sans planète, on aura l'air con", "Décroissance = dernière chance" ou "Tu pollues? T'es pas réélu". En choeur, ils ont répété "Politique t'es foutue, la jeunesse est dans la rue" ou encore "On est plus chaud, plus chaud que le climat."

Climat: le témoignage d'une gymnasienne

15.03.2019 une gymnasienne d'Yverdon explique pourquoi elle défile ce vendredi matin à Lausanne.

Le rassemblement s'est déroulé dans une ambiance bon enfant. Deux actions de petite envergure ont cependant eu lieu, a constaté Keystone-ATS. Arrivés à la hauteur d'une succursale de Credit Suisse, une poignée de manifestants ont ainsi peint des mains en rouge sur les murs. Une personne a été identifiée, précise la police lausannoise.

Climat: les témoignages d'étudiants

15.03.2019 Deux étudiants de l'EPFL expliquent pourquoi ils défilent ce vendredi matin à Lausanne.

Des jeunes sont par ailleurs entrés dans Retraites populaires. "Entre 30 et 50 personnes", poursuit la police. "Une fois à l'intérieur, elles ont scandé des slogans anticapitalistes puis la majorité d'entre elles sont reparties". Vers 13h30, certaines étaient encore sur place.

La manif pour le climat sur le pont Bessières

Pas de sanction

Pour cette nouvelle grève du climat, le Département de la formation, de la jeunesse et de la culture (DFJC) vaudois a indiqué qu'aucune sanction ne sera prise à l'égard de celles et ceux qui ne seront pas aux cours. A condition toutefois qu'ils justifient leur absence par leur participation à cette manifestation.

La mort a défilé à Lausanne pour le climat

15.03.2019 Un invité mystérieux défile ce vendredi matin à Lausanne.

S'agissant des apprentis grévistes, SUD a réclamé cette semaine qu'ils puissent prendre part à cette mobilisation sans risque de représailles. Le syndicat a en effet eu écho d'apprentis menacés de sanctions.s.

Simonetta Sommaruga comprend les jeunes grévistes

En marge de la grève du climat qui a lieu aujourd’hui, Simonetta Sommaruga s’est prononcée depuis Nairobi sur les revendications des jeunes grévistes.

Près de 2000 manifestants ont défilé également à Neuchâtel pour manifester leurs préoccupations face à l'état de la planète. Partis à 11h30 de l'Université, les jeunes ont ensuite marché jusqu'à la Place des Halles. Le groupe neuchâtelois de la grève du climat a par ailleurs déposé mercredi à la Chancellerie d'Etat une motion populaire intitulée «Agissez pour un avenir viable et juste!». Le texte a recueilli un millier de signatures.

30 villes

En Suisse, des manifestations étaient programmées dans près de 30 villes. En Suisse romande, la première manifestation était prévue dès 10h00 à Delémont. Suivait celle de Lausanne (10h30) et de Neuchâtel. Dans l'après-midi, Sion (13h00), Fribourg (13h30), Genève (14h00) et Bienne (14h00) prendront le relais.

Ce n'est pas la première fois que les jeunes Suisses se mobilisent pour le climat. Accompagnés d'adultes de tout âge, ils avaient été plus de 38'000 samedi 2 février à défiler dans tout le pays. Deux semaines plus tôt, vendredi 18 janvier, ils avaient été environ 22'000 à faire «grève» et à sécher les cours pour aller battre le pavé.

Tolérance variable

Pour cette nouvelle grève du climat, les absences seront plus ou moins tolérées selon les cantons. Sur Vaud, aucune sanction ne sera prise si l'absence est justifiée. Il en sera de même pour Genève, sauf pour les classes où un examen est prévu.

Les étudiants neuchâtelois du secondaire II ne seront pas sanctionnés, et ceux de l'école obligatoire devront fournir une excuse. Pour le Jura et le Jura bernois, les élèves pourront utiliser l'une des demi-journées de congé à disposition chaque année.

Moins tolérants, les cantons de Fribourg et du Valais estiment que cette grève du climat ne constitue pas un motif d'absence valable. Des sanctions pourront être prises. «Je salue l'engagement des jeunes. Mais il y a suffisamment de temps en dehors de l'école pour s'adonner à des activités citoyennes», s'est justifié le conseiller d'Etat valaisan Christophe Darbellay à la RTS.

Mobilisation mondiale

Les manifestations pour le climat ne se cantonnaient pas uniquement à la Suisse vendredi. Les jeunes du monde entier étaient appelés à défiler. «Nous sommes en grève pour dire à nos gouvernements de remplir leurs devoirs et de nous donner des preuves», avait souligné l'appel publié sur Facebook. Des preuves que le monde prend les mesures nécessaires pour limiter le réchauffement à un maximum de 2°C par rapport à l'ère pré-industrielle, comme prévu par l'Accord de Paris.

Cette journée du 15 mars a été inspirée par l'adolescente Greta Thunberg. Jusqu'ici, l'appel à la grève hebdomadaire lancé par la militante suédoise, qui manifeste seule tous les vendredis depuis l'été devant le parlement à Stockholm, n'avait été suivi que dans quelques pays, dont la Suisse. Mais vendredi, des dizaines de milliers de jeunes ont quitté l'école pour manifester vendredi, de l'Australie à la France en passant par l'Ouganda, pour réclamer aux dirigeants d'agir vraiment contre le dérèglement du climat.

«Il n'y a pas de planète B»

Rendez-vous était donné dans plus de 2000 lieux, selon le site de son mouvement, FridaysforFuture, avec l'Italie, la France et l'Allemagne en tête de peloton. Vendredi, Greta Thunberg relayait sur Twitter des images de cortèges au Japon, ou, plus modeste, au Vanuatu. A Sydney, Bangkok ou Hong Kong, des milliers de jeunes ont répondu vendredi, avec comme mot d'ordre «Il n'y a pas de planète B». «Si vous n'agissez pas comme des adultes, nous le ferons», scandaient-ils.

Vendredi matin, Greta, qui a été proposée pour le prix Nobel de la paix 2019, était de retour devant le Parlement suédois. «C'est une bonne chose que les gens parlent de la crise climatique, c'est une victoire. Je vais faire la grève jusqu'à ce que la Suède s'aligne sur l'Accord de Paris», a-t-elle dit à la télévision SVT. «Nous vivons une crise existentielle ignorée depuis des décennies, et si on n'agit pas maintenant il peut être trop tard».

La communauté internationale s'est engagée à garder le monde sous 2°C, mais les émissions de gaz à effet de serre, issues d'abord des énergies fossiles, continuent à grimper, plaçant la planète sur une trajectoire de plus de 3°C porteuses d'impacts majeurs.

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