Montpellier (F): «Les étudiants ont peur de revenir à la faculté»
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Montpellier (F)«Les étudiants ont peur de revenir à la faculté»

Une dizaine de jours après le passage à tabac d'étudiants, la faculté de droit de Montpellier a repris ses activités dans un climat tendu.

La faculté de droit de Montpellier (sud), fermée depuis le 23 mars et les violents incidents qui ont abouti à l'inculpation du doyen et d'un professeur, a rouvert mardi dans un climat de tension et sous haute surveillance.

«On n'oublie pas, on pardonne pas»

Une seule des grilles du bâtiment principal sur les trois était ouverte, gardée par trois vigiles, ont constaté des journalistes de l'AFP. De chaque côté de la rue, plusieurs cars de policiers étaient aussi présents.

Assis devant l'entrée, quelques dizaines d'étudiants, syndicalistes et militants opposés à la réouverture de la faculté scandaient «Justice en fac de droit, on n'oublie pas, on pardonne pas».

Dans la nuit du 22 au 23 mars, une dizaine d'hommes cagoulés avaient violemment expulsé d'un amphithéâtre de la faculté des étudiants, syndicalistes et militants hostiles à une loi gouvernementale sur l'accès à l'université.

«La situation est explosive»

Soupçonnés d'avoir au moins facilité cette expédition punitive, le doyen Philippe Pétel, qui avait démissionné après les violences, et un professeur, ont inculpés de complicité d'intrusion.

«Les étudiants ont peur de revenir à la fac, rien n'est apaisé, la situation est explosive», a déclaré à l'AFP Logan Girard, doctorant et membre du comité de mobilisation. «Une dizaine de personnes cagoulées qui ont participé aux violences n'ont pas été identifiées».

Une faculté déchirée

Le comité de mobilisation dénonce un «climat de profonde fracture, une partie de la Faculté soutenant très clairement M. Pétel, autant que l'omerta».

«Foutez-nous la paix, laissez nous étudier», lance un étudiant au groupe de protestataires en entrant dans le bâtiment.

Les violences à Montpellier ont attisé un mouvement de protestation dans plusieurs universités françaises, mobilisées contre l'application d'une délicate réforme de l'enseignement supérieur. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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