Présidence tchèque de l'UE: Les Européens ne supportent plus le travail bâclé
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Présidence tchèque de l'UELes Européens ne supportent plus le travail bâclé

Confusion à la conférence de l'ONU sur le racisme, polémique avec Bruxelles sur Israël, sommet sur le partenariat oriental mal préparé: les Européens ne cachent plus leurs critiques envers la présidence tchèque de l'UE, à dix jours du départ de Mirek Topolanek.

A l'annonce de la chute prochaine du Premier ministre libéral tchèque après un vote de défiance de son parlement fin mars, les dirigeants de l'Union européenne avaient pourtant promis de soutenir jusqu'au bout la présidence tchèque, aussi affaiblie soit-elle.

Mais ces voeux de solidarité se délitent au fil des commentaires acerbes distillés par de nombreux diplomates européens. Beaucoup, pourtant, avaient défendu ce pays, entré dans l'UE en 2004, face aux piques décochées en début d'année par le président français Nicolas Sarkozy.

«La vérité c'est que la présidence tchèque a perdu le contrôle sur de nombreux dossiers», a indiqué à l'AFP un diplomate.

Lors de la conférence de l'ONU sur le racisme «Durban II» à Genève la semaine dernière, la présidence tchèque a contribué à brouiller la position européenne en quittant définitivement la réunion après les déclarations du président iranien Mahmoud Ahmadinejad contre Israël, alors qu'une majorité d'ambassadeurs de l'UE boycottaient uniquement le discours du dirigeant iranien.

Deuxième bourde sur Israël

La question d'Israël - déjà à l'origine d'une bourde de la présidence tchèque début janvier sur l'opération «défensive» des Israéliens à Gaza - a constitué une nouvelle une fausse note.

Lorsque la commissaire européenne aux Relations extérieures Benita Ferrero-Waldner a fait savoir que l'UE ne renforcerait pas ses relations avec Israël tant que le gouvernement israélien ne s'engageait pas en faveur d'une solution à deux Etats, le Premier ministre tchèque a riposté que «le processus de paix ne devait pas être lié aux relations entre l'UE et Israël».

Jugeant les déclarations de Mme Ferrero-Waldner «vraiment hâtives», il a estimé qu'«elles ne valent que ce que valent les déclarations d'un commissaire».

Ce commentaire lui a valu une réplique cinglante de la commissaire qui lui a conseillé de «lire les conclusions du conseil» européen sur le sujet, lundi en marge d'une réunion des ministres européens des Affaires étrangères.

Le chef de la diplomatie tchèque Karel Schwarzenberg, qui présidait cette réunion pour la dernière fois, a dû ensuite recoller les morceaux avec une déclaration alambiquée.

Travail «acceptable»

A l'issue de cette réunion, le champagne offert par les responsables tchèques pour marquer leur départ de l'exécutif européen, a fait «tiquer», selon un diplomate présent. Car, selon lui, la présidence tchèque «a peut-être fait un travail acceptable, mais pas de niveau 'champagne'».

Des diplomates, belges et finlandais notamment, ont par ailleurs déploré une préparation insuffisante du sommet de l'UE sur le partenariat oriental avec six pays de l'ex-URSS, le 7 mai à Prague.

Pour ce dernier grand rendez-vous européen du gouvernement Topolanek, «le message de l'UE n'est toujours pas préparé, nous nous perdons en discussions futiles car la présidence n'est pas en état», selon l'un d'eux.

Euroscepticisme renforcé?

Et personne ne s'attend à ce que le remplacement le 8 mai de M. Topolanek par Jan Fischer, chef de l'Office national des statistiques (CSU), facilite les choses.

M. Topolanek a lui-même estimé qu'avec la fin de son gouvernement, c'est «la présidence tchèque (de l'UE) qui prend fin, d'une certaine manière», en admettant que Prague avait beaucoup perdu en «influence et capacité d'imposer les choses».

Beaucoup dans l'UE redoutent aussi que le président eurosceptique tchèque Vaclav Klaus n'en profite pour renforcer son rôle jusqu'à la fin de la présidence tchèque le 30 juin.

M. Vondra n'a pas rassuré en se contentant de dire lundi que rien n'était décidé mais que la présidence serait «professionnelle jusqu'au bout». (ats)

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