Genève: Les experts n'excluent pas une guérison de Fabrice A.
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GenèveLes experts n'excluent pas une guérison de Fabrice A.

Des psychiatres français étaient entendus mardi au procès du tueur d'Adeline M. Ils estiment le prévenu responsable de ses actes.

par
Julien Culet
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Le deuxième procès de Fabrice A. s'ouvre lundi matin à Genève. Les juges devront faire table rase des premières audiences, soudainement interrompues il y a huit mois. (Lundi 15 mai 2017)

Le deuxième procès de Fabrice A. s'ouvre lundi matin à Genève. Les juges devront faire table rase des premières audiences, soudainement interrompues il y a huit mois. (Lundi 15 mai 2017)

Keystone
Personne n'a fait recours contre la récusation des juges ordonnée en janvier par la Cour de justice. Résultat: le procès de Fabrice A. reprendra bel et bien de zéro. (mercredi 8 février 2017)

Personne n'a fait recours contre la récusation des juges ordonnée en janvier par la Cour de justice. Résultat: le procès de Fabrice A. reprendra bel et bien de zéro. (mercredi 8 février 2017)

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La commission d'enquête parlementaire (CEP) a besoin de plus de temps pour rédiger son rapport. (Lundi 23 janvier 2017)

La commission d'enquête parlementaire (CEP) a besoin de plus de temps pour rédiger son rapport. (Lundi 23 janvier 2017)

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L'accusé souffre d'un trouble de la personnalité psychopathico-pervers mais pas de maladie mentale, concluent deux experts psychiatres français. Ces pointures étaient auditionnées mardi, au deuxième jour du procès de Fabrice A., jugé pour avoir égorgé la sociothérapeute Adeline M. en 2013. L'ambiance était bien plus détendue qu'il y a sept mois, le procureur général et l'avocat des plaignants se montrant plus courtois. Les juges de l'époque avaient décidé d'écarter l'expertise et de reporter le procès. Puis les magistrats avaient été désavoués et récusés, entraînant une remise à zéro des débats.

Les psychiatres ont donc commencé par s'employer à décrire leurs méthodes d'expertise. Ils ont ensuite expliqué que si Fabrice A. varie dans ses déclarations c'est parce qu'il «s'adapte à la situation et à ses interlocuteurs. A nous, il a voulu donner l'image d'un grand criminel», précise le docteur Daniel Zagury. Les versions de l'accusé se situent entre maîtrise absolue de sa fuite du centre de sociothérapie de la Pâquerette et improvisation totale. «Il se trouve en fait entre ces deux limites», estime le médecin. Le docteur Pierre Lamothe a également indiqué que le trouble dont souffre le prévenu «ne l'empêche pas d'être pleinement responsable de ses actes».

Fabrice A. risque l'internement à vie. Les experts jugent le risque de récidive actuel très important. Mais ils ne peuvent exclure une évolution positive de l'accusé. «Il arrive qu'un sujet sur lequel on n'aurait pas parié un seul centime change. Il faut rester modeste», reconnaît le Docteur Daniel Zagury. Le procès se poursuit mercredi avec l'audition des psychiatres suisses Eric Luke et Alexandra Rageth.

Accusé frondeur

Accusé frondeur

Les débats ont repris mardi matin par la suite de l'audition de Fabrice A. Celui-ci s'est plusieurs fois violemment emporté contre l'avocat de la famille d'Adeline. Il a accusé Me Simon Ntah de trop interpréter le contenu de fichiers retrouvés dans l'ordinateur de la Pâquerette et ses actes avant la fuite. «Arrêtez de faire les questions et les réponses. J'ai droit à la parole et je compte bien en user!», a-t-il lancé. Ou encore: «J'ai fait suffisamment d'expertises psychiatriques, contrairement à vous. Et c'est bien dommage!»

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