Actualisé 16.01.2019 à 21:43

Redevance radio-TV

Les factures farfelues de Serafe énervent Lausanne

Les bugs constatés sur de nombreux envois de la société qui remplace Billag se répercutent sur les communes.

de
Yannick Weber
OFCOM

«Nous sommes fâchés!» Le municipal PLR de la ville de Lausanne Pierre-Antoine Hildbrand fulmine après les couacs rencontrés sur de nombreuses factures envoyées par Serafe, qui perçoit la redevance radio-TV dès cette année. La raison: la société donne pour consigne aux personnes concernées de systématiquement contacter le contrôle des habitants de leur commune afin que ces dernières communiquent à Serafe les données correctes.

Des villes débordées d'appels

Les guichets des communes ont vite pris la mesure du problème. A Lausanne, plus de 70 appels ont été recensés depuis mardi. A Montreux, on parle «d'une trentaine de signalements par jour» et à Fribourg, «ça n'arrête pas, il y en a eu une dizaine rien que mercredi matin.» Nyon a même demandé à ses habitants de ne plus appeler le contrôle des habitants ou de se rendre au guichet, mais de se manifester par e-mail, jusqu'à ce que «la Municipalité se détermine sur les suites à donner à cette situation confuse».

«Le contrôle des habitants n'a pas vocation à faire le service après-vente pour les erreurs que peut faire une entreprise qui a gagné le marché de la perception de la redevance. C'est à eux, d'abord, de faire le contrôle des données», estime Pierre-Antoine Hildbrand.

«Qu'on nous paie pour le faire»

L'Office fédéral de la communication (OFCOM), qui mandate Serafe pour la perception de la redevance, dit que les communes devront tout de même intervenir. «Serafe reçoit régulièrement les données actuelles des registres des habitants des communes, qui sont les seules à pouvoir mettre à jour les informations concernant les ménages», explique sa porte-parole Caroline Sauser.

Mais à Lausanne, la solution ne séduit guère. «Ce serait un gros travail supplémentaire et nous n'avons pas les ressources suffisantes pour traiter toutes ces demandes... ou alors qu'on nous paie pour le faire», s'agace Pierre-Antoine Hildbrand. Le municipal, avec d'autres communes, va interpeller Serafe pour trouver une solution adéquate.

«Une part extrêmement faible»

L'OFCOM reconnaît que les couacs sont problématiques mais se montre dans l'ensemble satisfait de la transition entre Billag et Serafe. «Nous comprenons que c'est très ennuyeux pour les consommateurs et les communes. Mais dans l'ensemble, le système a très bien fonctionné. Sur les 3,6 millions de factures envoyées, seule une part extrêmement faible comporte des erreurs, de l'ordre de plusieurs centaines à quelques petits milliers», note Caroline Sauser.

La porte-parole informe également que «Serafe a tout de suite réagi et mis en place un numéro spécial réservé aux communes. Elle a également intensifié ses contacts avec l'association faîtière des contrôles des habitants.» Pour l'OFCOM, ce nouveau système bénéficie à tous les ménages: la facture pour la redevance a en effet baissé.

Comment Serafe obtient vos données

La société Serafe, inconnue du grand public jusqu'à cette année, a envoyé à tous les ménages du pays une facture ce début janvier, basée sur les registres des habitants de chaque commune. Plusieurs villes nous ont pourtant répondu n'avoir jamais eu contact avec la société et n'avoir transmis aucun fichier. C'est en fait la Confédération qui met à disposition de Serafe les registres centralisés par tous les cantons. Ceux-ci sont mis à jour tous les mois. Les cantons transmettront mensuellement les modifications apportées aux registres de chaque commune.

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