Actualisé 19.01.2012 à 07:48

USS Cole Les familles demandent justice

Abd Al-Rahim Al-Nachiri jette un regard vers les proches des victimes. Il ne sera pas jugé avant plusieurs mois. Le 12 octobre 2000, il faisait partie du commando qui a attaqué l'USS Cole au large du Yémen.

Le 12 octobre 2000, l'USS Cole était victime d'un attentat au large du Yémen. Al-Qaïda le revendiquera.

Le 12 octobre 2000, l'USS Cole était victime d'un attentat au large du Yémen. Al-Qaïda le revendiquera.

«Regardez le temps que nous avons attendu», lance Ron Francis. Le 12 octobre 2000, il a perdu sa fille de 19 ans, cuisinière sur le USS Cole. Ce jour-là, le navire américain a été éventré dans un attentat-suicide au Yémen et 17 marins américains ont péri.

«J'attendrai jusqu'à ma mort que justice soit rendue», confie ce père de famille de Caroline du Nord à la presse, à sa sortie du tribunal, où se tenait mardi et mercredi une audience préliminaire de Nachiri, le cerveau présumé de l'attentat.

Interpellé en 2002 à Dubaï et détenu dans une prison secrète de la CIA jusqu'à son transfert à Guantanamo en 2006, le Saoudien a été renvoyé en octobre 2011 devant un tribunal militaire d'exception où il encourt la peine de mort. Il a été accusé en novembre de complot en vue de commettre des actes de terrorisme, de meurtre en violation des lois de la guerre, d'acte de terrorisme et d'attentat contre des civils.

Le procès ne devrait pas avoir lieu avant plusieurs mois. L'accusation espère mars 2013 mais la défense annonce qu'elle ne sera pas prête avant mars 2015, parce qu'elle doit prendre connaissance de plus de 550'000 pages d'éléments à charge, dont certains sont en arabe et d'autres sont classés secret défense.

Un cas de peine de mort

«C'est un cas de peine de mort», a déclaré son avocat Richard Kammen, «avec des ressources, avec du temps, alors nous pourrons avoir un procès juste», a-t-il dit, en fustigeant une «façade de justice» créée «seulement» pour Guantanamo.

La défense invoque aussi la torture et les mauvais traitements qu'aurait subis Nachiri lors de sa détention secrète et que le directeur de la CIA d'alors Michael Hayden avait lui-même admis.

«Il a travaillé avec Ben Laden et il a créé ce cauchemar», accuse James Parlier, commandant en chef de l'USS Cole au moment de l'attentat.

«La justice est lente, très lente», déplore le sergent Jesse Nieto, dont le fils de 24 ans est mort sur l'USS Cole. «Cela n'a que trop duré».

Réunis lors d'une conférence de presse, les huit rescapés et proches de victimes venus cette fois à Guantanamo parlent tous du «temps», du «temps» qui s'est arrêté sur le destroyer américain, du «temps» qui s'écoule trop lentement pour obtenir réparation.

«Le temps que cela durera, nous nous relayerons ici», promet le commandant Parlier. «Nous nous battons contre une organisation terroriste, c'est comme se battre contre un cancer qui corrompt tout avec le temps», renchérit le chef Paul Abney, qui se trouvait aussi sur l'USS Cole.

«Je n'ai plus rien d'autre que le temps d'attendre que ce détenu rende son dernier souffle», confie Olivia Rux, dont le mari de 30 ans n'est jamais revenu du golfe d'Aden.

«J'entends la défense parler du temps, mais où est la justice dans tout ça?», soupire-t-elle. (afp)

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