Actualisé 15.01.2016 à 19:48

Syrie

Les familles des jihadistes, «victimes oubliées»

Les proches de combattants étrangers partis rejoindre des groupes terroristes commencent à parler de leur douleur.

de
che/nxp
Une capture d'écran du reportage d'Euronews.

Une capture d'écran du reportage d'Euronews.

photo: Kein Anbieter/Euronews

Rarement entendues jusqu'à présent, les familles de jeunes partis grossir les rangs d'organisations terroristes comme le groupe Etat Islamique (EI) prennent aujourd'hui la parole pour crier leur désarroi.

Des parents français ont mis en place l'association Syrie Prévention Famille, un réseau de soutien aux «premières victimes des jihadistes»: leurs proches. En Belgique, l'association SAVE, lancée par la mère d'un jeune Marocain parti pour la Syrie, veut contrer le discours des radicaux en éduquant les jeunes. Les initiatives se multiplient.

«Ils leur disent que la mort peut être une bonne chose»

«Quand vous appartenez à un groupe, ils font ce qu'ils veulent de vous, c'est comme une secte, et quand vous ouvrez les yeux, vous êtes en Syrie (...) Ils leur bourrent le crâne en leur disant que la mort n'est rien», lance Domonique Bons, la mère d'un jeune français radicalisé, qu'Euronews a rencontrée à Toulouse.

Son fils, Nicolas, est apparu dans des vidéos de propagande du groupe EI aux côtés de son demi-frère Jean-Daniel. Nicolas est mort quelques mois après son arrivée en Syrie.

Alors que leurs actions sont en partie responsables du chaos régional, de la fuite de millions de Syriens et d'Irakiens et de la mort de milliers de musulmans jugés «infidèles», les terroristes du groupe EI «mettent dans la tête de ces jeunes l'idée qu'ils se battent pour sauver des Syriens et qu'Allah les protégera. Ils leur disent que la mort n'est pas sérieuse, qu'elle est inévitable, voire qu'elle peut être une bonne chose» raconte-t-elle.

«On doit être reconnus comme victimes»

En bas de la liste des priorités des médias et des gouvernements, ces familles sont même parfois regardées avec suspicion pour avoir été incapables de déceler la radicalisation de leurs enfants ou de leurs frères et soeurs. Au poids de la perte d'un être cher s'ajoute celui de la honte et de la culpabilité. «On doit être reconnus comme victimes, pas comme 'familles de terroristes'».

Les proches refusent aujourd'hui de porter la responsabilité des actes de leurs enfants. «Les criminels, les dangereux, où sont-ils? Ils regardent droit dans les yeux de nos enfants, et ils en prennent le contrôle pour les amener sur ce chemin. Ce sont eux qu'on doit rechercher» lance Dominique Bons.

Lire ici une interview de Dominique Bons par Euronews: «Mon fils, ce jihadiste»

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