Actualisé 26.10.2009 à 10:01

Ajournement du procès Karadzic

Les familles des victimes en colère

Une trentaine de mères de victimes de la guerre de Bosnie ont laissé éclater leur colère lundi dans la salle d'audience du Tribunal pénal international (TPI) pour l'ex-Yougoslavie après l'ajournement du procès de Radovan Karadzic.

«C'est comme si on était tué une seconde fois», a déclaré Munira Subasic, 62 ans.

Cette femme a perdu des proches lors du massacre de Srebrenica en 1995. «Nous ne voulons pas que Karadzic contrôle nos vies: je suis venue aujourd'hui pour montrer que nous existons».

«Nous voulons que Karadzic soit jugé», a pour sa part indiqué Bakira Hasecic, violée à plusieurs reprises durant la guerre de Bosnie. «Mais je ne serai pas surprise s'il ne comparaissait jamais devant la justice».

Une centaine de manifestantes

Une centaine de mères de victimes du massacre de Srebrenica avaient manifesté lundi matin devant le TPI à la Haye avant l'ouverture du procès de l'ex-chef politique des Serbes de Bosnie, a constaté une journaliste de l'AFP.

Les manifestantes, membres d'une vingtaine d'associations de victimes bosniaques, ont déployé devant le tribunal une banderole proclamant «Honte à l'Europe. Génocide: 8106 assassinés à Srebrenica en 1995» et portant les noms de toutes les victimes.

«J'attends que justice soit faite et que Karadzic soit puni», a déclaré à l'AFP l'une des manifestantes, Mejra Cakanovic, 65 ans, dont les trois fils, âgés de 21, 25 et 29 ans, et le mari sont morts à Srebrenica.

«Si le tribunal travaille correctement, Karadzic écopera de la prison à vie», a-t-elle ajouté en montrant des photos de ses proches décédés. Mais lui sera toujours en vie, alors que nos enfants sont morts».

Le procès pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité de Radovan Karadzic, s'est ouvert lundi en l'absence de l'accusé. Il a été ajourné jusqu'à mardi.

(ats)

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