Avion disparu: Les familles des victimes plongées dans l'angoisse
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Avion disparuLes familles des victimes plongées dans l'angoisse

Les proches des passagers chinois de l'avion de Malaysia Airlines porté disparu exprimaient dimanche à Pékin leur angoisse face au manque d'informations.

Plus de trente heures après la perte de tout contact avec le Boeing 777 qui effectuait un vol entre Kuala Lumpur et Pékin, sa disparition était le sujet le plus discuté sur le site de micro-blogs Weibo, équivalent chinois de Twitter. «Vol MH370, j'espère que le radar pourra vous retrouver! Si vous m'entendez, continuez de voler paisiblement jusqu'à votre destination finale. Nous dégagerons la voie pour vous», indiquait un des messages les plus populaires diffusés sur l'application de messagerie WeChat.

Vive émotion

«Tout le monde sera tellement heureux de vous laisser la priorité pour atterrir. Le ciel est clair, la température à Pékin est de moins 5°C, il fait un petit peu froid. Gardez vos manteaux pour vous tenir chaud», poursuivait l'émouvant message. «Souvenez-vous de bien embrasser votre famille et vos amis après votre arrivée. Ils vous aiment, ils vous aiment vraiment», concluait l'auteur, plébiscité par les internautes chinois et témoin de la vive émotion suscitée dans le pays.

Sur ce vol opéré conjointement avec la compagnie China Southern Airlines, se trouvaient 153 citoyens chinois, soit les deux tiers des personnes présentes à bord -- ce qui ferait de l'accident, s'il se confirme, l'une des pires catastrophes aériennes pour la Chine. Des internautes spéculaient par ailleurs sur la possibilité d'un acte terroriste, notant que la disparition de l'avion intervenait moins d'une semaine après une attaque meurtrière ayant fait 29 morts à Kunming, dans le sud de la Chine.

Peuple chinois visé?

«Bon sang, qu'est-ce qui arrive cette année à la Chine? D'abord, l'affaire de Kunming, et maintenant l'avion. Est-ce que c'est le peuple chinois qui est directement visé?», questionnait un usager de Weibo. Parmi les passagers du vol MH370 figurait notamment un groupe d'artistes chinois ayant pris part à une exposition à Kuala Lumpur, dont un responsable de l'Association nationale de calligraphie, selon des médias officiels.

Réunis par Malaysia Airlines dans un hôtel de Pékin, les parents et amis des passagers disparus attendaient désespérément dimanche des détails supplémentaires, souvent dans un état de désarroi et de fatigue extrêmes. Nombre d'entre eux continuaient de reprocher vigoureusement à la compagnie la façon «opaque» dont elle gérait la disparition de l'appareil, ainsi que le manque persistant d'informations.

Compagnie muette

Venue de Shanghai samedi en train, Mme Nan, dont le beau-frère était à bord, a éclaté en larmes devant un groupe de journalistes. «La compagnie ne nous a pas contactés, c'est un ami qui nous a prévenus. Ils auraient vraiment dû contacter la famille d'abord», s'est-elle lamentée. «Je n'ai absolument aucune information, je suis très inquiète». Peng Keqing, belle-soeur d'une passagère, renchérissait: «Nous sommes arrivés la nuit dernière, mais nous avons dû chercher des informations nous mêmes sur internet». «Il n'y a rien d'autre à faire qu'attendre», a-t-elle soupiré.

De son côté, un cadre de Malaysia Airlines a tenu dimanche à défendre la compagnie, rappelant que celle-ci avait mobilisé près de 100 personnes, dont une équipe de psychologues, pour prendre en charge les proches des passagers. «Nous sommes intervenus aussi rapidement que nous le pouvions», a affirmé Hugh Dunleavy, directeur commercial du groupe.

Recherches en cours

«En ce moment même, nous ne sommes toujours pas capables de localiser l'appareil, alors imaginez le peu d'informations dont on pouvait être certain (samedi) quatre ou cinq heures après la disparition», a-t-il plaidé. En outre, Malaysia Airlines a offert aux proches qui le désiraient la possibilité de rejoindre Kuala Lumpur, pour qu'ils soient plus proches des opérations de recherches toujours en cours, a ajouté M. Dunleavy.

«Il faut que je m'occupe de mon passeport», a d'ailleurs indiqué un proche d'un passager, en quittant l'hôtel pékinois. Paraissant un peu perdu au milieu de l'agitation environnante, M. Liu, originaire de Tianjin (nord), évoquait quant à lui son fils de 33 ans, qui revenait d'un voyage d'affaires. «Son épouse est au courant mais nous ne l'avons pas laissée venir à Pékin, de peur qu'elle ne puisse supporter» la situation, a-t-il indiqué. Désormais, «nous avons invité les familles à se préparer au pire, puisque, jusqu'à présent, nous n'avons rien trouvé au cours des opérations de recherche et de secours», a commenté un porte-parole de la compagnie.

(afp)

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