Actualisé 03.08.2011 à 10:18

Rio-Paris

Les familles jugent l'enquête discréditée

L'association des familles des victimes du crash du vol Air France Rio-Paris en juin 2009, a jugé mercredi que l'enquête sur les causes de la catastrophe était «définitivement discréditée».

Réagissant au fait que le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) a retiré de son dernier rapport une recommandation concernant les alarmes de décrochage, Robert Soulas, président de l'Association Entraide et Solidarité AF447, qui représente les familles des victimes, a jugé dans un communiqué que «ce triste épisode jette définitivement le discrédit sur l'investigation technique» et «génère une crise de confiance sans précédent envers les autorités d'enquêtes».

«La précipitation avec laquelle ces autorités et ces responsables ont accusé les pilotes sans aucune réflexion préalable avait alerté notre suspicion», a-t-il ajouté. «Nous avons maintenant confirmation que les affirmations émanant de la tutelle du BEA étaient non seulement prématurées, dépourvues d'objectivité, partiales et très orientées vers la défense d'Airbus».

Série de défaillances des pilotes

Les enquêteurs ont identifié une série de défaillances des pilotes de l'Airbus dans leur dernier rapport publié vendredi après l'analyse des boîtes noires de l'appareil. La catastrophe avait fait 228 victimes le 1er juin 2009.

Le document relève que les pilotes n'ont pas apporté les bonnes réponses aux deux principaux incidents survenus dans les dernières minutes du vol: la perte des indicateurs de vitesse, à laquelle ils n'étaient pas entraînés à faire face, et le décrochage de l'appareil, qui s'est traduit par une chute soudaine de l'appareil.

Le BEA a confirmé mardi qu'il envisageait de publier une recommandation sur le fonctionnement des alarmes de décrochage, mais a expliqué l'avoir retirée de son dernier rapport, publié le 29 juillet, afin de la compléter par les travaux du groupe de travail «facteur humain».

Plus de deux ans après le crash, la catastrophe du Rio-Paris n'a toujours pas été élucidée précisément. Jusqu'à présent, le givrage des sondes Pitot qui a conduit à une perte des indications de vitesse était la seule défaillance établie, mais les enquêteurs ont toujours estimé qu'elle ne pouvait expliquer à elle seule l'accident.

Reconstitution 3D du crash

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