Actualisé 04.04.2008 à 15:31

Les FARC écartent une libération rapide de Betancourt

Peu après l'arrivée en Colombie d'une mission humanitaire dépêchée par Paris pour venir en aide à Ingrid Betancourt, les FARC ont averti jeudi soir qu'elles ne libéreraient aucun otage.

La guérilla exige au préalable un accord politique avec le gouvernement colombien.

«Les gens retenus dans nos campements ne seront libérés que dans le cadre d'un échange de prisonniers. Il n'est pas acceptable qu'ils réclament plus de gestes de paix après tant de témoignages de notre bonne volonté», a dit Rodrigo Granda, l'un des dirigeants du mouvement, dans un message publié par l'Agence bolivarienne de presse.

Rodrigo Granda, dont le président français Nicolas Sarkozy avait obtenu la libération auprès de son homologue colombien en juin dernier, a ajouté que la mort de Raul Reyes - le numéro deux des FARC tué dans une opération colombienne en Equateur - avait compliqué la situation des otages.

La guérilla a par ailleurs réitéré ses exigences visant à la création par le gouvernement colombien d'une zone démilitarisée dans le sud-est du pays.

La semaine dernière, les autorités colombiennes avaient proposé de libérer sans délai plusieurs centaines de guérilleros en échange d'Ingrid Betancourt. Et samedi, le président colombien Alvaro Uribe a ajouté que Paris serait disposé à accueillir des rebelles qui libéreraient des otages, une mesure confirmée par le Premier ministre français François Fillon.

Grève de la faim

L'avertissement des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) intervient alors que la mission humanitaire dépêchée par Paris est arrivée jeudi en Colombie.

Après une escale à la Martinique, l'appareil français, un Falcon 50 s'est posé dans la matinée sur la base militaire de Catam, à l'ouest de Bogota. Une équipe médicale se trouvait à son bord.

«Paris attend toujours une réponse des FARC pour tenter d'accéder à Ingrid Betancourt», a déclaré vendredi sur les ondes d'Europe 1 le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner. «Pour le moment, nous sommes en train d'essayer, essayer, essayer, et il n'y a pas d'autre solution», a-t-il ajouté.

Selon plusieurs sources non officielles, l'otage franco- colombienne détenue depuis février 2002, souffrirait d'une hépatite B et de lechmaniose, une maladie provoquée par un parasite qui peut atteindre la rate et le foie. Elle aurait également entamé une grève de la faim et refuserait les médicaments des rebelles.

Intervention de Chavez

Jeudi soir, le président vénézuélien Hugo Chavez a de nouveau offert ses services, en précisant avoir fait savoir au président français Nicolas Sarkozy «qu'il serait prêt à aller chercher avec lui Ingrid Betancourt», a rapporté la télévision privée Caracol.

La soeur de l'otage, Astrid Betancourt, avait appelé jeudi à «ne pas délaisser» le canal de négociation que représente M. Chavez, soulignant que le président vénézuélien a un contact direct avec le chef rebelle Ivan Marquez.

De son côté, le gouvernement équatorien s'est également déclaré prêt à coopérer humanitairement à une libération des otages et à apporter son soutien à l'initiative française.

Discrétion indispensable

En marge du sommet de l'OTAN à Bucarest, Nicolas Sarkozy a réclamé jeudi la plus grande discrétion autour de cette mission humanitaire, menée conjointement par la France, la Suisse et l'Espagne.

Dans un entretien diffusé jeudi soir par la chaîne de télévision France 3, Alvaro Uribe a lui rapporté que les Français avaient une idée de l'endroit où se trouve Ingrid Betancourt. «Nous sommes prêts à suspendre les opérations militaires sur les lieux en questions», a ajouté aussi le président colombien.

D'après les proches d'Ingrid Betancourt, la mission se rendra selon toute vraisemblance dans la région du Guaviare, au sud-est de la Colombie, là où Clara Rojas, ancienne collaboratrice de la Franco-Colombienne, a été libérée avec cinq autres otages.

(ats)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!