Etude – Les fausses origines des aliments pourront être démasquées
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ÉtudeLes fausses origines des aliments pourront être démasquées

Des chercheurs bâlois ont mis au point une méthode qui permet de déterminer avec précision l’origine des végétaux. De quoi lutter contre les fraudes sur les fraises ou les huiles.

par
Christine Talos
Les chercheurs bâlois ont testé leur méthode pendant 11 ans sur des fraises.

Les chercheurs bâlois ont testé leur méthode pendant 11 ans sur des fraises.

Scientific Reports

Ces fraises sont-elles vraiment suisses ou viennent-elles d’Espagne? Et cette huile d’olive estampillée italienne n’est-elle pas marocaine? Les fausses informations sur les origines géographiques des produits alimentaires causent un préjudice économique de 30 à 40 milliards de dollars. En effet, les fraises helvétiques ou l’huile italienne peuvent être vendues en magasin à un prix nettement plus cher. Mais des chercheurs bâlois ont peut-être trouvé la parade.

En effet, des botanistes de l’Université de Bâle ont mis au point une méthode qui permet de démasquer les fraudes sur les origines des produits. Elle s’appuie sur les isotopes stables de l’oxygène qui se trouvent dans les plantes du monde entier. C’est la valeur dite «delta O-18», expliquent-ils dans la revue scientifique Scientific Reports.

Onze de données récoltées sur les fraises

Leur méthode permet ainsi de simuler le rapport des isotopes de l’oxygène dans les plantes de différentes régions. Leur modèle est basé sur des données de température, de précipitations, d’humidité et de croissance d’une plante. Les chercheurs l’ont testé pendant 11 ans sur des fraises venant de toute l’Europe. Avec succès, selon eux. Leur étude montre que «le modèle peut simuler l’origine des fraises avec une grande précision», écrivent-ils.

«Avec des ajustements mineurs, notre modèle peut en outre être utilisé pour déterminer tous les produits végétaux», explique le professeur Ansgar Kahmen, qui a dirigé le projet de recherche. Les analyses actuelles, longues et coûteuses, peuvent ainsi être simplifiées et accélérées en simulant précisément les régions d’origine des denrées agricoles, estime-t-il.

Le modèle des botanistes bâlois est intéressant pour les services compétents en matière de fraudes alimentaires, que ce soit sur le plan médical mais aussi sur celui de la justice, précisent-ils. En outre, l’industrie alimentaire s’y intéresse de près car la vente d’aliments d’origine frauduleuse porte atteinte à sa réputation.

À noter que l’origine des aliments interpelle le monde politique suisse. Ainsi le Conseil national a accepté lors de sa dernière session d’automne une motion du parlementaire Jacques Nicolet (UDC/VD) qui demandait que Berne modifie la loi afin d’identifier le pays d’origine des denrées confectionnées à l’étranger. Le Conseil fédéral a en outre proposé d’accepter une motion de la conseillère nationale Sophie Michaud Gigon (Verts/VD) qui veut lutter contre la fraude alimentaire. Il s’était dit prêt à élaborer un projet de loi.

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