Suisse: Les fauteuils se mettent au blanc
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SuisseLes fauteuils se mettent au blanc

Une plate-forme équipée de patins sur laquelle une personne à mobilité réduite peut prendre place avec son fauteuil, voilà la nouveauté disponible dans une vingtaine de patinoires suisses.

L'«Eisgleiter» est une initiative de la Fondation Cerebral Suisse.

L'«Eisgleiter» est une initiative de la Fondation Cerebral Suisse.

«Le but de ce projet est que les familles avec un membre en fauteuil roulant puissent partager des moments tous ensemble», explique Michael Harr, directeur de la Fondation Cerebral Suisse. Il ajoute que le dispositif est «facile à utiliser», ce qui explique certainement son succès. Les patinoires de Sierre (VS), Yverdon-les-Bains (VD), Neuchâtel, Le Locle (NE), Berne, Zurich et Davos (GR) notamment en ont équipé leurs installations.

Et l'engouement est au rendez-vous. «Cela permet aux personnes à mobilité réduite de connaître la sensation de glisser sur la glace, une sensation qu'ils n'ont jamais avec des pneus», remarque Alain Bättig, responsable de la patinoire d'Yverdon-les-Bains. Depuis sa mise à disposition en octobre, l'«Eisgleiter» a été utilisé plusieurs fois à Yverdon-les-Bains, et le bilan s'avère positif.

Comme dans la deuxième ville vaudoise, Ryan Baumann, chef du service des sports de la ville de Sierre, en a doté la patinoire éphémère et en plein air de la ville valaisanne, et ce sans aménagements conséquents. Il précise que la construction a été effectuée en pensant à faciliter l'accès handicapé pour les toilettes et la buvette.

Lausanne, la réfractaire

Si à Sierre l'aménagement a pu se faire sans problème, ni répercussions sur le budget final, ce n'est pas le cas partout.

A Lausanne, Christian Barascud, gérant des piscines et patinoires de la Ville - excepté Malley -, regrette que les installations qu'il gère soient trop vieilles et non adaptées à l'accueil de personnes handicapées. «Cela engendrerait des aménagements importants», commente-t-il. Outre cet aspect pratique, il demeure réfractaire quant à l'utilisation de l'«Eisgleiter» sur sa glace.

Pour lui, autoriser «cette plaque métallique à patins portant un fauteuil roulant» lors des plages horaires réservées au patinage tout public ne répond pas aux normes de sécurité. «Durant ces périodes, les gens peuvent avoir des comportements non mesurés, voire dangereux», explique M. Barascud.

Si l'«Eisgleiter» n'est pas optimal, de son point de vue, il dit vouloir «essayer de trouver dans la mesure du possible des solutions pour permettre aux personnes à mobilité réduites d'aller sur la glace». Par exemple, en leur dégageant une plage horaire, ce qui leur permettrait «de pouvoir utiliser différents types d'équipement sur la glace». Cela dit, cette proposition ne résout pas la question des aménagements.

Les patinoires déjà aménagées ne déboursent rien pour proposer l'«Eisgleiter» à leurs sportifs. Le projet global a été budgété à 100'000 francs - chaque engin coûte 2000 francs -, entièrement financé par des dons. «Il n'y a aucun enjeu financier entre nous et la Fondation Cerebral», insiste le responsable de la patinoire d'Yverdon-les-Bains. La Fondation met la plate-forme équipée de patins à disposition des patinoires qui les proposent au public gratuitement. (ats)

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