Violences domestiques – Les femmes de 26 a 45 ans particulièrement touchees
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Violences domestiquesLes femmes de 26 à 45 ans particulièrement touchées

Une enquête de l’institut de recherche Sotomo montre qu’en Suisse une personne sur trois a déjà été victime de violences domestiques.

par
aze
Image d’illustration.

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Hans Lucas via AFP

À la demande de la Fédération Solidarité femmes de Suisse et du Liechtenstein (DAO), l’institut de recherche Sotomo mène de l’automne 2021 à l’été 2022 une enquête sur «la violence de couple dans le contexte de la violence domestique en Suisse». Dans un rapport publié ce mardi, les résultats d’une première étude montrent que «le phénomène est répandu en Suisse». Un tiers des sondés ont déjà subi des violences conjugales (42% des femmes et 24% des hommes).

Les données dévoilent d’ailleurs qu’une catégorie de population est particulièrement touchée. Il s’agit des femmes âgées de 26 à 45 ans. «Près de la moitié des répondantes de ce groupe ont indiqué avoir été victimes de violences au sein de leur couple», annonce le rapport.

L’institut de recherche s’est aussi intéressé à la fréquence à laquelle des personnes extérieures avaient été des «témoins silencieux». Environ 40% des individus interrogés «ont déjà eu l’impression que des violences s’exerçaient dans un couple de leur entourage» et ils sont près de la moitié à avoir «été informés par ces victimes qu’elles subissaient des violences». Les principales raisons qui les ont poussés au silence sont la peur d’intervenir et celle d’aggraver la situation.

Collecte de données

L’institut de recherche Sotomo a effectué sa collecte de données du 20 septembre au 4 octobre 2021. «la population de base de l‘enquête est la population résidant en Suisse et âgée de 16 ans et plus». 3597 personnes ont été utilisées pour l’analyse.

Dispute ou violence conjugale

Se basant sur la Convention d’Istanbul, ratifiée par la Suisse en 2018, la DAO explique que la violence domestique regroupe «toute forme de violence psychologique, physique ou sexuelle, sociale ou économique, au sein de la famille, du ménage ou du couple».

Et les résultats de l’enquête révèlent que les actes ont leur importance pour déterminer la limite entre dispute et violence domestique. Si crier fort, claquer la porte ou critiquer la personne sont considérés comme acceptables, sortir en trombe de chez soi, ignorer son partenaire plusieurs jours ou détruire des objets ne sont que très peu approuvés. Les gifles, coups, menaces de violence ou enfermement ne sont quasiment pas tolérés.

Caractéristiques spécifiques

À noter enfin que pour 43% des sondés les auteurs d’actes de violence domestique ont des traits de personnalité spécifiques. Consommation d’alcool, expériences de violence pendant l’enfance, incapacité à contrôler leurs pulsions et possessivité sont les éléments les plus mentionnés.

La publication de telles études répond à un triple objectif: «rendre visibles les violences faites aux femmes dans le contexte de la violence domestique, sensibiliser la population et encourager les décideurs politiques à prendre des mesures», conclut le rapport.

Coordination nationale

En avril dernier, la Confédération, les cantons et des organisations de la société civile s’étaient réunis pour un dialogue stratégique sur la violence domestique. La rencontre s’était soldée par la signature d’une feuille de route de mesures concrètes visant à une coordination nationale contre ce type de violences. Parmi les solutions envisagées, il y a l’emploi de dispositifs techniques ou la mise en place d’un numéro de téléphone central pour les victimes de violences domestiques.

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