Clandestinité: Les femmes de ménage s'organisent
Actualisé

ClandestinitéLes femmes de ménage s'organisent

Dépourvues de structures sociales officielles, les femmes de ménage clandestines tentent de remédier à leur état précaire en s'organisant entre elles.

Sans structures sociales ni cadre officiel, les conditions de travail des employés de maison sans-papiers sont souvent précaires. Pour y remédier, les femmes de ménages développent des stratégies collectives, révèle une étude menée dans le canton de Zurich et présentée jeudi.

Les employés de maison s'informent mutuellement de leurs conditions salariales. Dans certains réseaux, un salaire minimal informel a été fixé. La demande étant élevée, ils peuvent se permettre de refuser un emploi ou en quitter un si les conditions sont insuffisantes.

56 témoignages

Mais de tels réseaux se forment sur plusieurs années. Les personnes qui viennent d'arriver en Suisse sont quant à elles souvent employées dans de très mauvaises conditions, selon l'étude du centre d'écoute pour sans-papiers de Zurich (SPAZ).

L'analyse se base sur les témoignages de 56 sans-papiers. Leurs expériences reflètent les conditions des sans-papiers de Suisse, estime la fondatrice et directrice du SPAZ Bea Schwager.

Exemple romand

En Suisse romande toutefois, les sans-papiers ont plus facilement accès aux assurances sociales, selon elle. En effet, les cantons francophones utilisent le système des chèques-emploi qui facilite la déclaration d'employés de maison par l'intermédiaire d'une association privée ou d'un office public.

Selon les cantons, les personnes sans permis de séjour peuvent profiter de cette offre. Il n'y a toutefois que peu de sans-papiers qui y font recours, indiquent les responsables des chèques- emplois de Fribourg et Vaud. Ils hésitent souvent à se déclarer.

Ce système ne serait qu'une solution temporaire, précise Mme Schwager. Le SPAZ demande principalement que des permis de travail soient accordés au personnel de maison clandestin. Mais cette requête est pour l'instant irréaliste, déplore-t-elle.

(ats)

Ton opinion