Eveline Widmer-Schlumpf: «Les femmes devraient travailler au moins à 70%»

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Eveline Widmer-Schlumpf«Les femmes devraient travailler au moins à 70%»

L’ex-conseillère fédérale estime que la réforme de l’AVS ne défavorise pas les femmes, mais que celles-ci devraient augmenter leur taux d’activité pour vivre une retraite satisfaisante.

«Ne pas agir maintenant est un pari risqué sur l'avenir, ce n'est pas une politique durable», selon Eveline Widmer-Schlumpf (image d’archives).

«Ne pas agir maintenant est un pari risqué sur l'avenir, ce n'est pas une politique durable», selon Eveline Widmer-Schlumpf (image d’archives).

AFP

Alors que les derniers sondages sur la votation sur la réforme AVS-21 annoncent un combat entre femmes et hommes, Eveline Widmer-Schlumpf, ex-conseillère fédérale et présidente de Pro Senectute Suisse dit se ranger du côté des partisans de la réforme, dans une longue interview à la «NZZ am Sonntag». Elle réfute s’opposer ainsi à la majorité des femmes du pays. «Etre une femme n'est pas un programme, c'est le niveau de vie qui est déterminant», lance-t-elle.

Travailler à 70% pour le 2e pilier

Selon l'ancienne conseillère fédérale, relever l’âge de la retraite des femmes ne suffira toutefois pas pour mener une vie de retraitée relativement satisfaisante. Il faudra aussi qu’elles travaillent à 70% au moins, au lieu de 50% comme c’est souvent le cas. Les hommes devraient d’ailleurs aussi avoir une activité à 70% au moins. Car pour se constituer une rente de caisse de pension suffisante, il faut, selon elle, un revenu annuel minimum de 20’000 francs. A défaut, il faut trouver une solution pour financer un 3e pilier. Ainsi, la présidente de Pro Senectute conseille de «déjà penser à 30 ans que la vie peut continuer encore longtemps après 65 ans. Alors ça devient serré rien qu’avec la rente AVS.»

Cet appel à travailler à un taux d'occupation plus élevé pour les femmes n’a pas la faveur de tous. La conseillère nationale UDC Monika Rüegger (OW) estime ainsi qu’une femme devrait pouvoir décider en toute liberté à quel moment de sa vie elle souhaite travailler et à quel taux. Quant à la coprésidente zurichoise du Parti socialiste (PS), Mattea Meyer, elle note que les conditions-cadres pour des taux d'occupation aussi élevés que ceux suggérés par Eveline Widmer-Schlumpf font défaut en Suisse.

Question d’espérance de vie

Pour soutenir la réforme prévue de l’AVS, Eveline Widmer-Schlump rappelle encore que, au vu de l’augmentation de l’espérance de vie de la population, les problèmes se présenteront bientôt: «Il y a de plus en plus de retraités par rapport aux actifs. Et l'espérance de vie continue d'augmenter. J'ai une petite-fille et un petit-fils qui sont nés en 2017; lorsqu'ils auront 65 ans, leur espérance de vie sera respectivement de 92 et 90 ans. On ne peut pas ne pas en tenir compte. L'AVS dans sa forme actuelle ne peut continuer à fonctionner ainsi que quelques années de plus. Ne pas agir maintenant est un pari risqué sur l'avenir, ce n'est pas une politique durable.»

Les couples retraités perdraient jusqu’à 500 francs de rente en 2024

Dans un contexte de forte hausse de l'inflation, le pouvoir d'achat des retraités diminue, comme le montrent les calculs de l'Union syndicale suisse (USS), rapportés par le «SonntagsBlick» du jour. D'ici à 2024, un couple de retraités moyen pourrait ainsi perdre de 450 à 500 francs (8% du revenu) en pouvoir d'achat.

Ces prévisions de l’USS sont basées sur l'évolution de l'inflation et l'augmentation des primes d'assurance maladie de 7,5% prévues pour l’an prochain. Les conséquences sont «effrayantes» selon l'économiste en chef de l'USS, Daniel Lampart, cité dans le journal dominical. Son syndicat demande ainsi que les rentes AVS et celles du 2pilier soient automatiquement adaptées au renchérissement. Et les syndicats veulent lancer une initiative pour une 13e rente AVS.

 

(ewe)

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