femmes en politique: Les femmes européennes restent sous-représentées en politique
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femmes en politiqueLes femmes européennes restent sous-représentées en politique

Les femmes européennes ont certes renforcé leur présence en politique, parfois grâce à des quotas électoraux, mais elles restent lésées par les choix des partis et de l'électorat masculin.

«Moins d'un quart des membres des gouvernements et des parlements sont des femmes dans l'UE», déplore la Suédoise Margot Wallström, vice-présidente de la Commission européenne, avant la journée internationale de la femme le 8 mars.«Les candidates femmes ne manquent pas: la réalité c'est que les hommes ont tendance à choisir des hommes», résume-t-elle. «Or si la moitié de la population européenne est sous-représentée, les programmes politiques continueront à être fixés par les hommes», a-t-elle prévenu lors d'un débat au Parlement européen.Selon une étude de la Commission européenne, davantage de femmes candidates conduit automatiquement à avoir plus d'élues, mais les hommes continuent à avoir plus de chances d'être élus.En extrapolant les résultats de récentes élections nationales, Bruxelles calcule qu'une élection avec 50% de femmes candidates aboutirait tout juste à 39% de femmes membres d'un Parlement. Il faudrait donc 63% de candidates pour atteindre la parité.«Quand on parle de femmes voulant se présenter en politique, on se penche immédiatement sur leurs qualifications. C'est un faux débat pour masquer le fait que les hommes choisissent des hommes», juge aussi la Danoise Drude Dahlerup, professeur en sciences politiques à l'université de Stockholm. Pour autant, «le discours politique a changé», car des parlements ou des gouvernements essentiellement masculins paraissent désormais anti-démocratiques.«Et l'idée que l'égalité hommes-femmes se fera toute seule n'est plus de mise. On se rend compte qu'il faut accélérer le processus», note Mme Dahlerup, qui a chapeauté pour le Parlement européen une étude sur les systèmes de quotas mis en place en Europe.Aujourd'hui, «ce sont les institutions qui sont mises en accusation», dit-elle, les partis politiques contrôlant «le jardin secret des nominations».«L'important c'est que les femmes soient placées sur les listes à une place éligible», insiste le Tchèque Vladimir Spidla, commissaire européen à l'Emploi. «Sans cette répartition égale des pouvoirs, on ne peut pas espérer un traitement égal», selon lui.Malgré les controverses qu'ils suscitent, des quotas électoraux hommes-femmes sont aujourd'hui appliqués dans la moitié des pays de la planète, précise l'étude du Parlement européen. Mais «jusqu'à récemment l'Europe ne figurait pas à l'avant-garde de cette nouvelle tendance».Quatre pays appliquent désormais un système de quotas gravé dans la législation (Belgique, France, Slovénie, Espagne) et quatre autres ont mis en place des quotas volontaires (Allemagne, Pologne, Suède et Royaume-Uni).Pour Mme Dahlerup, les différentes formes de quotas, sans tout résoudre, constituent clairement «un catalyseur du changement».Le rapport montre que les quotas ont conduit dans certains cas à des augmentations «remarquablement rapides» de la réprésentation des femmes, mais aussi à des déceptions lorsqu'ils sont mal adaptés au système électoral. La Suède, meilleur élève de l'Europe, compte plus de 47% de parlementaires femmes. Mais la Finlande, qui n'a elle aucun quota, la talonne de près.«Ce n'est que par la vertu de la loi qu'il y a eu des avancées en France», analyse la députée française Marie-Jo Zimmermann.Bruxelles aimerait maintenant voir les grandes entreprises suivre la voie ouverte en politique: les femmes européennes n'occupent toujours que 11% des sièges des conseils d'administration et 3% des fauteuils de pdg.

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