Consommation d'énergie: «Les femmes font plus d'économies d'énergie»
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Consommation d'énergie«Les femmes font plus d'économies d'énergie»

La psychologue Bernadette Sütterlin nous explique pourquoi les femmes économisent davantage d'énergie que les hommes et nous dévoile ce que recouvre le terme «treehuggers» (embrasseurs d'arbres).

par
P. Michel
«La femme pense aux futures générations et à lenvironnement alors que l'homme, lui, s'intéresse plutôt aux aspects techniques», explique l'experte.

«La femme pense aux futures générations et à lenvironnement alors que l'homme, lui, s'intéresse plutôt aux aspects techniques», explique l'experte.

photo: Kein Anbieter

Madame Sütterlin, dans la première partie de notre interview, vous avez souligné le fait que des rappels à l'ordre appuyés par un index moralisateur en matière d'économies d'énergie ne servaient pas à grand-chose. Pourquoi un tel constat?

De nombreuses personnes n'acceptent pas d'être entravées dans leur liberté de décision. Et en ce qui concerne l'adoption de mesures respectueuses des diverses formes d'énergie, par exemple l'installation de panneaux solaires, ce sont avant tout les consommateurs qui attachent une grande importance à l'argent, au statut et au confort qui ne veulent pas être mis dans le même sac que les «treehuggers».

Treehuggers?

Le terme de «treehugger» – c'est-à-dire «embrasseur d'arbres» – désigne en anglais, avec une pointe d'humour, le défenseur de l'environnement classique. Les consommateurs soucieux de leur statut ne souhaiteraient pour rien au monde être assimilés à eux et ils n'achèteraient jamais la même voiture hybride si celle-ci était commercialisée avec comme argument de vente le fait qu'elle symbolise le respect de l'environnement. C'est pourquoi il est important, dans la publicité et la communication, de viser les valeurs spécifiques des différents groupes de consommateurs.

Comment les jeunes adultes se comportent-ils?

Les jeunes adultes ont une conscience aiguë de la problématique de l'énergie et de l'environnement en raison des informations diffusées à l'école et dans les médias. De plus, ils pensent que leur comportement peut avoir un effet. Mais ils ne sont pas toujours conséquents à l'heure de passer aux actes.

Pourquoi?

Ce sont précisément les jeunes gens qui, de nos jours, ne souhaitent pas se voir imposer de limites quant à leur mode de vie. Ils ont envie de découvrir le monde et ne sont pas disposés à renoncer à des voyages en avion, par exemple. En outre, un grand nombre de technologies modernes et d'appareils multimédias fraîchement conçus les accompagnent en permanence. Ici aussi, la pression sociale est à l'œuvre: lorsque tous les collègues parcourent le monde et possèdent toujours le gadget dernier cri, il est difficile d'argumenter contre cet état de fait par un comportement soucieux de la bonne utilisation des diverses énergies.

Y a-t-il des différences entre les hommes et les femmes?

En règle générale, les hommes connaissent mieux le thème de l'énergie et des mesures d'économies d'énergie, mais ils mettent moins en pratique ce qu'ils savent. Pour les femmes, c'est l'inverse: elles sont plutôt moins informées, mais leur comportement est plus économe en termes d'énergie.

Pourquoi?

Les économies d'énergie constituent un thème émotionnel avec lequel les femmes ont plus d'affinités. Ici, c'est peut-être une vision quelque peu stéréotypée qui se vérifie: l'homme s'intéresse plus aux aspects techniques, la femme pense aux futures générations et à l'environnement.

À titre personnel, comment économisez-vous de l'énergie au quotidien?

Dans les domaines les plus divers, je tâche d'adopter un comportement respectueux des diverses énergies. Par exemple, je m'efforce d'acheter des produits régionaux, j'éteins la lumière et les appareils lorsque je quitte une pièce et j'utilise la plupart du temps les transports publics.

Tout cela est l'indice d'un comportement en tous points exemplaire. Pas de péchés cachés?

En ce qui concerne la température ambiante, je pourrais encore réduire la chaleur, je suis un peu une «frileuse» (elle rit).

Vous savez comment les consommateurs fonctionnent, ce qui les motive. Peut-on encore espérer que l'être humain réalisera à l'avenir des économies d'énergie substantielles?

Il sera déterminant d'impliquer les personnes qui ne s'intéressent pas encore aux mesures d'économies d'énergie ou qui s'y opposent. À ce propos, il est crucial que les mesures de communication soient adaptées de façon ciblée aux valeurs et aux modes de vie respectifs des différents groupes de consommateurs et que les différentes possibilités d'action soient dûment présentées. Dans le même temps, il faut cependant éviter que les mesures d'économies d'énergie aient des effets négatifs. Par exemple: si les consommateurs ont le sentiment qu'ils peuvent, après s'être montrés exemplaires dans un contexte particulier, faire preuve de négligence dans d'autres domaines.

L'Energy Challenge 2016 est une campagne nationale lancée par Suisse énergie et l'Office fédéral de l'énergie. Elle traite des sujets liés à l'efficience énergétique et aux énergies renouvelables. En tant que partenaire média, «20 minutes» se penchera sur la thématique durant six mois avec des graphiques, des reportages et des interviews.

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