Athlétisme: «Les femmes ne valent que par leur esthétisme»
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Athlétisme«Les femmes ne valent que par leur esthétisme»

Championne du monde du 200 m, la Britannique Dina Asher-Smith se plaint du fait que les spécialistes du marketing ne traitent pas de la même manière les hommes et les femmes.

par
Claude-Alain Zufferey
Dina Asher-Smith lors du 60 m en salle de Karlsruhe. La Britannique aimerait qu’il y ait plus de parité entre hommes et femmes.

Dina Asher-Smith lors du 60 m en salle de Karlsruhe. La Britannique aimerait qu’il y ait plus de parité entre hommes et femmes.

AFP

Dina Asher-Smith a pris la plume et s’est longuement exprimée sur le site Players Tribune. Elle a parlé de son enfance, de son goût pour la compétition, de son rôle de modèle, du rapport qu’ont les femmes avec le sport. Et surtout des inégalités.

La sprinteuse britannique a critiqué la manière dont les spécialistes du marketing sportif traitaient les athlètes masculins et les athlètes féminines. Elle estime que les messieurs sont mis en valeur par leurs performances et les filles par leur esthétisme. «Lorsque l’on commercialise une nouvelle paire de chaussures de football, on va utiliser quelqu’un comme Lionel Messi. Et non pas quelqu’un qui joue uniquement de façon récréative, simplement parce qu’il correspond mieux à l’image.»

Les filles vont penser que même si elles sont les meilleures dans leur sport, elles vont avoir besoin d’esthétisme pour faire parler de leur discipline

Dina Asher-Smith.

Elle enchaîne: «Pourtant, c’est souvent le cas avec les femmes. Parce qu’elles correspondent à un idéal esthétique. Quel genre de message envoie-t-on à une fillette de huit ans ou aux filles qui aspirent à être des athlètes? Elles vont penser que même si elles sont les meilleures dans leur sport, elles vont avoir besoin d’esthétisme pour faire parler de leur discipline.»

Marta n’est pas l’égal de Messi

Championne du monde du 200 m à Doha en 2019 et triple championne d’Europe à Berlin en 2018 (100 m, 200 m et 4 x 100 m), Dina Asher-Smith aimerait savoir pourquoi des athlètes comme Marta, Annika Sörenstam, Katie Ledecky, Shelly-Ann Fraser-Pryce ou Valérie Adams n’étaient pas mises en valeur au même titre que Lionel Messi, Cristiano Ronaldo, Tiger Woods, Michael Phelps ou Usain Bolt. Pourquoi leurs exploits et leurs héritages ne sont-ils pas familiers à un plus grand nombre de personnes?

Très franchement, si quelqu’un voulait vraiment changer la façon dont les femmes sportives sont utilisées dans le marketing, il le ferait

Dina Asher-Smith.

«Si vous êtes le meilleur de tous les temps, le détenteur du record du monde, le médaillé d’or, c’est simple, vous méritez tout ce qui va avec. Du moins, ça l’est pour les hommes. Mais il existe d’innombrables exemples de cas où ce n’est pas le cas dans les sports féminins.»

Une situation qui s’améliore… un peu

Dina Asher-Smith reconnaît tout de même que la situation s’est améliorée, mais qu’il reste encore un bon bout de chemin à faire. «Très franchement, si quelqu’un voulait vraiment changer la façon dont les femmes sportives sont utilisées dans le marketing, il le ferait. Les points de vue s’améliorent. Nous le voyons avec des femmes comme Serena Williams, Simone Biles ou Allyson Felix. Mais cela ne signifie pas que nous devrions arrêter d’essayer d’accélérer le processus. Nous avons besoin de plus de réflexions sur l’utilité des corps, sur ce que signifie s’aimer soi-même, sur la santé et la représentation.»

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