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SuisseLes femmes partent à la chasse

Ces dernières années, de plus en plus de femmes, comme Vanessa Arni, se sont intéressées à la chasse. Plusieurs raisons sont à la source de cette augmentation, comme le fait de vouloir protester contre les entreprises d'élevage de masse.

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km/vsm
Vanessa Arni accompagnée de son chien.

Vanessa Arni accompagnée de son chien.

km

Ragoût de sanglier ou saucisse de cerf: la saison de la chasse est ouverte et bat son plein dans tous les cantons. Il y a d'ailleurs davantage de femmes qui s'y mettent. «Il y a vingt ans, il était compliqué de motiver les jeunes, mais plus aujourd'hui», avance-t-on à l'association de chasse soleuroise «Revierjagd Solothurn». David Clavadetscher, directeur de ChasseSuisse, observe la tendance dans tout le pays et l'explique comme suit: «La chasse est devenue plus ouverte et plus moderne.» Il suppose également que l'intérêt pour la nature a augmenté et que les gens font plus attention à la manière dont ils consomment.

Selon les chiffres de l'office fédéral de l'environnement (OFEV), il y a actuellement 30'000 chasseurs actifs dont environ 1'500 femmes. Ceci représente une augmentation de 5 % comparé aux années précédentes. Parmi eux, on dénombre 2041 jeunes chasseurs dont 150 femmes.

Les femmes s'y mettent

La proportion de femmes qui chassent aujourd'hui est de 12% et tend à augmenter, comme l'explique David Clavadetscher. L'une d'entre elles s'appelle Vanessa Arni, 21 ans, originaire d'Oberramsern dans le canton de Soleure. Elle passera la dernière partie de son brevet de chasse en été 2020. «J'ai grandi avec la chasse, raconte Vanessa, qui entraîne actuellement son chien. Mon père et mon grand-père chassaient, ça a toujours été clair que je voulais faire la même chose.»

«Ils pensaient que les chasseurs étaient des tueurs d'animaux»

Vanessa n'a jamais eu a se justifier au sein de son propre cercle. Cependant, elle explique qu'elle a souvent dû se défendre auprès des autres, concernant sa passion. «Les gens pensaient que les chasseurs étaient des tueurs d'animaux et qu'ils tiraient sans réfléchir.» Vanessa décrie ces préjugés, démodés.

Loi sur la chasse: les avis divergent encore

Si le Parlement s'est déjà mis d'accord sur le point central de la révision de la loi, des divergences subsistent. Ce mardi, la loi passe devant le National pour traiter des divergences entre les deux Chambres.
(Vidéo: Keystone)

La conscience climatique de sa génération est également un moteur pour la jeune femme, puisque la chasse s'adapte très bien à une vie soucieuse de la nature. «La viande de chasse est respectueuse du climat puisqu'elle ne provient pas d'une ferme industrielle nuisible pour l'environnement», précise-t-elle. «C'est local et la plupart des chasseurs considèrent qu'un morceau de viande de gibier est plus durable que celle provenant d'un supermarché.»

Contre l'industrialisation

Les fédérations de chasseurs indiquent qu'il serait éventuellement plus facile d'attirer la jeunesse d'aujourd'hui, puisque c'est une génération qui s'interroge de plus en plus sur sa consommation de viande provenant d'élevages de masse. C'est le cas de G., 26 ans. Pour lui, la chasse représente une consommation honnête. «Beaucoup ne savent pas ce qui se cache derrière la côtelette dans leur assiette», explique-t-il.

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