«Potiche»: Les femmes prennent leur revanche
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«Potiche»Les femmes prennent leur revanche

Mêlant comédie vaudevillesque et décor des années 70, François Ozon signe avec «Potiche» une nouvelle ode à la femme.

par
Fred Ferrari

Suzanne Pujol est une potiche. Ça saute aux yeux, même de sa fille! Elle écrit des poèmes gnangnan, chantonne dans sa cuisine et semble ne pas voir qu'elle est cocue. Mais les masques tombent quand Suzanne est propulsée à la tête de ­l'usine familiale paralysée par les grèves. Non seulement elle en a dans la caboche, mais elle réussit à mener sa vie et son mari par le bout du nez. Et même sa fille, future femme des années 80, en reste baba.

François Ozon aime les femmes, on le sait depuis longtemps (depuis «Huit femmes»). Mais «Potiche» n'offre pas des rôles en or qu'à Catherine Deneuve, Judith Godrèche et Karin Viard. Les personnages masculins qui leur servent de caisse de résonance, impeccablement interprétés par Fabrice Luchini, Gérard Depardieu et Jérémie Renier, ont quelque chose de pitoyable, eux dont les privilèges et les illusions s'effondrent comme des châteaux de cartes.

«Potiche»

De François Ozon. Avec Catherine Deneuve, Fabrice Luchini, Judith Godrèche, Gérard Depardieu.

Sortie le 10 novembre 2010

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Trois questions à Gérard Depardieu

– Qui est le personnage que vous interprétez dans «Potiche»?

– C’est un brave garçon amoureux qui espère, contre toute attente, que la belle bourgeoise dont il est fou va retomber dans ses bras. Il est prêt à oublier qu’il est député communiste dans l’espoir de la séduire.

– Le fait que Catherine Deneuve joue celle qu’il aime vous a-t-il motivé?

– Très certainement! Cathe­rine et moi, nous connaissons bien... Nous avons fait tant de choses ensemble que notre complicité est immédiate. Elle est si merveilleuse que je me régale en sa compagnie, sur le plateau et en dehors.

 Vous êtes-vous amusé avec François Ozon et vos partenaires?

– Je ne dirais pas ça car le ­texte, très écrit, demandait quand même beaucoup de travail. Il fallait le sortir de façon naturelle, ce qui est loin d’être toujours facile. J’ai cependant pris un vrai plaisir à tourner cette comédie.

Propos recueillis par

Caroline Vié

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